Kenya: une église incendiée après le meurtre d'un prédicateur musulman

Par La rédaction

Mombasa (Kenya) (AFP)

Une église de l'Armée du Salut a été incendiée vendredi à Mombasa, deuxième ville du Kenya, majoritairement musulmane, par des émeutiers protestant contre le meurtre dans la nuit d'un prédicateur musulman radical, a constaté un correspondant de l'AFP.

Le prédicateur tué jeudi soir, Cheikh Ibrahim Ismail, était le successeur d'Aboud Rogo Mohamed, autre prêcheur radical dont l'assassinat dans des circonstances similaires en août 2012 avait déclenché des émeutes meurtrières à Mombasa.

Un manifestant a été blessé par balle "à l'estomac", a également indiqué un témoin, Salim Abdallah à l'AFP, précisant qu'il avait été évacué vers l'hôpital "saignant abondamment".

Selon la police, les violences ont commencé après la prière musulmane hebdomadaire.Les manifestants "ont brûlé l'église de l'Armée du Salut, nous tentons de les disperser avec des gaz lacrymogènes", a déclaré un responsable de la police à Mombasa.

Des véhicules de pompiers luttaient contre l'incendie, selon un correspondant de l'AFP.

Une épaisse fumée, semblant provenir de pneus incendiés, s'élevaient autour de la mosquée Masjid Musa,  fréquentée par des fidèles radicaux et où prêchait Cheikh Ibrahim Ismail, et des unités paramilitaires de la police entraient dans le quartier.

Les émeutiers répliquaient par des jets de pierre aux tirs de gaz lacrymogène de la police, selon un correspondant de l'AFP.Plusieurs détonations, d'origine inconnue, ont également entendues.

Cheikh Ibrahim Ismail a été tué en compagnie de trois personnes, lorsque leur véhicule a été pris pour cible par des hommes armés.

Un autre prédicateur radical, Abubaker Shariff Ahmed - alias "Makaburi" (tombeau en swahili) - a accusé la police d'avoir procédé à nouveau à une "exécution pure et simple" de Cheikh Ibrahim Ismail et de ses camarades.

Les partisans de Rogo avaient violemment protesté contre sa mort en août 2012, accusant,  déjà , les forces de sécurité de l'avoir assassiné, ce que les autorités kényanes avaient démenti.