L'Afrique du Sud sous le choc après une vidéo montrant une star se faire battre

4 mars 2019 à 13h48 par AFP

AFRICA RADIO

Une vidéo postée par une chanteuse sud-africaine montrant la jeune femme frappée à plusieurs reprises par un homme dans une chambre a provoqué une onde de choc lundi en Afrique du Sud, où le gouvernement et la police ont dénoncé le fléau des violences faites aux femmes.

Dans la nuit de dimanche à lundi, Bongekile Simelane, de son nom de scène Babes Wodumo, a publié sur son compte Instagram une vidéo où un homme torse nu et en caleçon la tabasse.La vidéo, qui a depuis été supprimée du compte, est devenue virale sur les réseaux sociaux, provoquant une avalanche de réactions outrées de la part des fans de la chanteuse mais aussi des autorités sud-africaines.Le ministre de la Culture, Nathi Mthethwa, s'est dit "absolument horrifié"."Le gouvernement sud-africain ne tolérera jamais les violences basées sur le genre. (...) Nous appelons tous les Sud-Africains à isoler les coupables, lutter et mettre un terme aux violences basées sur le genre avec le même zèle que nous avons combattu le racisme", a-t-il ajouté, affirmant que l'auteur des coups était le compagnon de la chanteuse, le musicien Mampintsha. Sur Twitter, le gouvernement sud-africain a estimé qu'il n'y avait "pas d'excuse pour les violences. Les gens ne peuvent aider que s'ils savent. Parlez. (...) #ArrêtezlesViolencesfaites auxFemmes".Le chef de la police sud-africaine Khehla Sitole s'est également dit "choqué". La police étudie la vidéo en question afin d'"établir et vérifier l'identité" de l'homme et de la femme qui y apparaissent.Dans un tweet publié lundi après-midi, Babes Wodumo, chanteuse de gqom (mélange de percussions traditionnelles africaines et de house music), a expliqué ne pas être en mesure "de répondre" dans l'immédiat aux interviews car elle est "encore très choquée".L'Afrique du Sud est gangrénée par une forte criminalité. L'an dernier, plus de 20.000 personnes y ont été victimes de meurtres, soit 57 par jour. Les femmes sont particulièrement vulnérables. En novembre, le président sud-africain Cyril Ramaphosa avait déclaré qu'il fallait "en finir avec les viols et les féminicides qui ne font jamais l'objet de poursuites". La semaine dernière, le Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, a annoncé la démission de deux de ses porte-parole pour comportement sexuel inapproprié.