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L'ONU "extrêmement inquiète" du sort des Erythréens en Ethiopie (communiqué)

14 janvier 2021 à 15h17 Par AFP
Le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés s'est dit "extrêmement inquiet" jeudi du sort des Erythréens réfugiés en Ethiopie, victimes collatérales du conflit qui oppose le gouvernement fédéral à la région dissidente du Tigré. "Je suis extrêmement inquiet pour la sécurité et le bien-être des réfugiés érythréens", écrit Filippo Grandi dans un communiqué, soulignant que, malgré des demandes répétées, ni l'ONU ni d'autres organisations d'aide n'ont eu accès à deux camps de réfugiés depuis le déclenchement de l'opération militaire contre la région début novembre.Selon les chiffres de l'ONU, il y avait quelque 96.000 réfugiés érythréens en Ethiopie quand le conflit a éclaté.M. Grandi s'est dit particulièrement inquiet pour le sort des réfugiés des camps de Shimelba et Hitsats."Ils se retrouvent sans aucune aide depuis de nombreuses semaines et qui plus est - et c'est extrêmement inquiétant - je continue de recevoir de nombreux comptes rendus fiables et des témoignages de première main de l'insécurité latente et des accusations d'abus graves et douloureux des droits de l'Homme", a-t-il martelé, dans ce communiqué au ton très grave.Il évoque notamment des assassinats, des enlèvements et le renvoi forcé de réfugiés en Erythrée.Il dénonce aussi des incursions militaires dans les camps, confirmées aussi bien par des comptes rendus que des images satellitaires montrant des foyers d'incendie et d'autres traces de destruction dans les deux camps."Ce sont des indications concrètes de violations majeures des lois internationales", a-t-il souligné.M. Grandi a néanmoins indiqué que quelques avancées ont été atteintes récemment avec les autorités, y compris le transport et la distribution de nourriture pour les 25.000 réfugiés érythréens dans les camps de Mai Aini et Adi Harush, au Tigré.Une équipe a réussi a rétablir l'alimentation en eau et des soins médicaux de base, a précisé M. Filippo, qui se dit près à travailler avec les autorités éthiopiennes "pour trouver des solutions".Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé le 4 novembre l'armée fédérale contre les autorités de la région du Tigré, qui défiaient son autorité depuis plusieurs mois.Il a annoncé le 28 novembre la fin des hostilités avec la prise de la capitale régionale, Mekele, mais l'ONU a encore récemment fait état de "combats localisés et de la poursuite de l'insécurité" dans plusieurs zones de la région.