L'ONU prolonge d'un an l'embargo sur les armes contre le Soudan du Sud

Par AFP

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Les Nations Unies ont prolongé d'un an l'embargo sur les armes et les sanctions imposées contre le Soudan du Sud, ravagé par la guerre civile, malgré la réticence de pays africains, de la Russie et de la Chine.

La résolution, présentée par les Etats-Unis au Conseil de sécurité de l'ONU, a été adoptée avec 10 voix pour, soit une de plus que nécessaire, et cinq abstentions.La résolution prolonge jusqu'au 31 mai 2020 l'embargo sur les armes imposé l'année dernière, ainsi que le gel des avoirs et l'interdiction de voyager de huit responsables sud-soudanais accusés d'avoir joué un rôle dans le conflit qui a fait plus de 380.000 morts depuis 2013.L'ambassadeur américain par intérim, Jonathan Cohen, a critiqué les trois représentants africains du Conseil - Guinée équatoriale, Côte d'Ivoire et Afrique du Sud - pour leur "réticence à arrêter le flot d'armes vers l'un des conflits civils les plus meurtriers au monde".Mais pour l'ambassadeur sud-africain Jerry Matjilan, les sanctions "ne sont pas bénéfiques pour l'actuel complexe processus politique". Le représentant russe, Dimitri Polyanski, a pour sa part rejeté la vision américaine selon laquelle l'embargo avait poussé les belligérants à signer un accord de paix en septembre 2018.Selon l'accord, fruit d'une médiation du Soudan, le président Salva Kiir a accepté de former un gouvernement d'union nationale avec son grand rival Riek Machar, ex-vice-président qui doit revenir d'exil.Le nouveau gouvernement devait prendre ses fonctions le 12 mai, mais son installation a été reportée de six mois.Plus jeune pays au monde, le Soudan du Sud a obtenu son indépendance du Soudan en 2011, après 22 ans de conflit. Il a basculé en décembre 2013 dans la guerre civile, marquée par des atrocités à caractère ethnique et le recours au viol comme arme de guerre.L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch a salué le vote, qui est "un pas vers la fin des attaques illégales contre les hommes, les femmes et les enfants dans une guerre où les civils sont les principales victimes".