La Guinée-Bissau rend un hommage solennel à son défunt président Sanha

Par La rédaction

BISSAU (AFP) - (AFP)

 Les obsèques officielles du président bissau-guinéen Malam Bacaï Sanha, décédé en France le 9 janvier, ont été organisées dimanche à Bissau, en présence des chefs d'Etat sénégalais et capverdien, avant son inhumation.

"Nous voilà tous réunis dans une circonstance triste et tragique, un moment de douleur et de consternation.La République de Guinée-Bissau pleure son président.(...) Le peuple, dans sa diversité ethnique et culturelle, est privé d'un libérateur porteur d'équilibre de notre démocratie", a déclaré le chef de l'Etat par intérim Raimundo Pereira, président de l'Assemblée nationale.

"Tout le pays s'incline et te rend un vibrant hommage, toi, le professeur qui a inculqué les enseignements d'Amilcar Cabral (héros de la guerre d'indépendance, NDLR) à ceux qui ne savent pas", a lancé à l'adresse du défunt dirigeant, dans un discours entrecoupé de sanglots, Sérifo Nhamadjo, président intérimaire du Parlement.

Auparavant, un des fils de M. Sanha, Bacaï Junior, avait remercié les autorités au nom de sa famille, les invitant à poursuivre les "chantiers" laissés par son père, dont "la réconciliation nationale, la paix et les réformes".

L'hommage solennel avait débuté en fin de matinée, dans la grande salle de l'Assemblée nationale où la dépouille mortelle a été transportée samedi soir, quelques heures après son arrivée à Bissau et son passage à la résidence familiale.

Le Sénégalais Abdoulaye Wade et le Capverdien Jorge Carlos Fonseca étaient les seuls chefs d'Etat présents.Le Niger, la Guinée et Sao Tomé et Principe étaient représentés par leurs Premier ministre, la Gambie par le président de son Assemblée nationale, l'Angola par son ministre des Affaires étrangères et le Portugal, ex-puissance coloniale, par son secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et à la Coopération.

A l'extérieur de l'Assemblée se pressaient des milliers de personnes, majoritairement vêtues de blanc - couleur de deuil dans l'islam, religion de M. Sanha.Il y a eu des chants religieux, des récitations du Coran.De temps à autre, on entendait dans la foule "Allahou akbar!(Dieu est grand!").

Après la cérémonie solennelle, le corps de M. Sanha a été transporté à l'extérieur de la salle pour la prière rituelle pour les défunts, dirigée par l'imam central de Bissau, avant son enterrement, dans l'après-midi.

L'inhumation, qui sera saluée par 21 coups de canon, était prévue dans la soirée à Fortaleza d'Amura ("forteresse d'Amura"), garnison construite par les Portugais à l'époque coloniale et actuel siège de l'état-major.

Malam Bacaï Sanha est décédé le 9 janvier à Paris, à l'âge de 64 ans, d'une maladie qui n'a jamais officiellement été révélée.Il avait élu en juillet 2009 à la tête de son pays (quelque 1,5 million d'habitants), sans grands moyens et fragilisé par le narcotrafic.

Depuis son indépendance, en 1974, cette ex-colonie portugaise est confrontée à une instabilité politique et militaire dans laquelle l'armée joue un rôle prépondérant.