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Le Cameroun rejette des propos d'experts de l'ONU sur le sort du principal opposant

15 octobre 2020 à 14h30 Par AFP
Le Cameroun a qualifié jeudi de "biaisées" les observations d'experts de l'ONU affirmant que le principal opposant au régime, Maurice Kamto, est "assigné à résidence" et accusant Yaoundé d'"usage excessif de la force" lors de récentes manifestations. La maison à Yaoundé de M. Kamto, rival malheureux lors de la présidentielle de 2018 du président paul Biya, au pouvoir depuis 38 ans, est encerclée par les forces de l'ordre depuis 24 jours. L'opposant a affirmé mardi à l'AFP par téléphone être toujours empêché de sortir et "séquestré" à domicile, sans que la justice lui ait notifié quoi que ce soit à cet égard.L'audience judiciaire qui devait statuer sur une plainte des avocats de M. Kamto pour "voies de fait administratives" a été renvoyée au 29 octobre, a constaté jeudi un journaliste de l'AFP.Lundi, les experts des "procédures spéciales", le plus grand corps d'experts indépendants au sein du système onusien des droits de l'Homme avaient demandé la "libération" de M. Kamto, se disant également "préoccupés par les arrestations massives de manifestants pacifiques et de militants politiques" et par l'"usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques".Le 22 septembre, la police avait très violemment dispersé des centaines de manifestants notamment à Douala, la capitale économique, qui défilaient contre le régime de M. Biya à l'appel du parti de M. Kamto.Dans un communiqué reçu jeudi par l'AFP, le gouvernement a qualifié de "prise de position partiale, subjective et biaisée" les propos des experts de l'ONU, les accusant d'avoir "relayé et amplifié" des "contre-vérités".Le communiqué ne mentionne à aucun moment la situation actuelle de M. Kamto sur un plan judiciaire, mais précise que "le leader du MRC et ses affidés ont pris sur eux de braver les lois et les règlements de la République en violant l'interdiction de manifestation publique qui leur a été formellement signifiée par des autorités administratives compétentes"."Face à de telles menaces à l'ordre public (le caractère dit "insurrectionnel" de ces marches), il incombait naturellement au pouvoir public la responsabilité de prendre les mesures qui s'imposaient pour faire face à la situation, c'est ce qui a été fait", est-il souligné.Le texte mentionne également l'interpellation de "294 partisans du MRC", le Mouvement pour la renaissance du Cameroun de M. Kamto. Et ajoute que "176 personnes ont été remises en liberté". "Neuf personnes (...) formellement identifiées comme étant des leaders, planificateurs ou organisateurs des marches insurrectionnelles, sont actuellement sous mains de justice", développe le communiqué.De même, 109 personnes ont été "déférées aux parquets près les tribunaux militaires de Douala et de Bafoussam (ouest)", selon le communiqué.