Le Kenya renforce sa sécurité au lendemain d'un attentat à Nairobi

21 décembre 2010 à 11h26 par La rédaction

NAIROBI (AFP)

Les forces de sécurité étaient en alerte mardi au Kenya, au lendemain d'un attentat encore non revendiqué qui a fait trois morts à Nairobi contre un bus assurant la liaison avec la capitale ougandaise Kampala.

L'incident a eu lieu vers 19H30 (16H30 GMT) en plein centre de la capitale kényane, dans une rue généralement très fréquentée où stationnent de nombreux mini-bus.

Selon les premiers éléments de l'enquête, une personne qui montait dans le bus en partance pour la capitale ougandaise a actionné un engin explosif au moment où un garde de sécurité vérifiait le contenu des valises des voyageurs.

Pour le chef de la police kényane Mathew Iteere, qui s'exprimait peu après l'incident, il s'agit d'une "attaque" perpétrée à l'aide d'un "engin explosif".

L'une des trois victimes serait le propriétaire de la valise qui a explosé."Il était le premier à être contrôlé, il a paniqué, laissé tomber le sac, ce qui a provoqué l'explosion", selon M. Iteere.

"Je me tenais à la porte de l'autobus (...) Il y avait du retard et les passagers se plaignaient.Ils ne savaient pas ce que Dieu leur avait réservé", a témoigné à l'AFP le chauffeur de l'autobus, Ismail Ibrahim.

L'explosion, de faible puissance, n'a endommagé que légèrement le bus rouge marqué d'un "Kampala Coach" en grosses lettres jaunes.

L'attaque n'a pas été revendiquée.Elle est intervenue le jour-même où le chef de la police en Ouganda faisait état publiquement de possibles attentats islamistes à Kampala, liés au déploiement de troupes ougandaises en Somalie, à l'approche des fêtes de fin d'année.

"Les principales menaces viennent d'Al-Qaïda, des shebab (insurgés islamistes somaliens) et de l'ADF (Forces démocratiques alliées, groupe rebelle ougandais de l'ouest du pays), il y a de fortes indications qu'ils vont nous attaquer", mettait en garde le général Kale Kayihura, qui appelait à la vigilance et assurait que ses services étaient en contact avec la police kényane.

Interrogé à ce propos, le chef de la police kényane a cependant estimé qu'il était prématuré de lier ces menaces à l'explosion de lundi à Nairobi.

Le 11 juillet, des attentats à la bombe contre deux restaurants de Kampala qui retransmettaient la finale de la Coupe du monde de football avaient fait 76 morts.

L'attaque avait été revendiquée par les insurgés somaliens shebab --qui se réclament d'Al-Qaïda--, affirmant agir en représailles au déploiement à Mogadiscio de 8.000 militaires ougandais et burundais d'une force de paix africaine (Amisom) en soutien au gouvernement de transition (TFG).

Mardi matin, la police kenyane avait "renforcé" ses patrouilles dans tout Nairobi, et "particulièrement près des rues fréquentées et des stations de bus", a expliqué le patron de la police de Nairobi, Njoroge Ndirangu: "nous ne voulons pas qu'une telle attaque se reproduise".

A cette époque de l'année, de nombreux habitants se rendent en province pour les vacances alors qu'arrivent en masse dans le pays des touristes étrangers pour profiter des safaris et de la saison chaude sur la côte de l'océan Indien.

Début décembre, trois officiers de police avaient été tués dans la capitale kenyane au cours de deux attaques séparées à la grenade et au pistolet.

Le motif de ces attaques reste pour le moment inconnu mais les autorités ont demandé l'aide du Federal Bureau of Investigation (FBI) américain et ont arrêté les jours suivants des centaines de personnes dans le quartier somalien d'Eastleigh.

Le Kenya compte une importante minorité d'origine somali et accueille des dizaines de milliers de réfugiés somaliens, chassés de leur pays par la guerre civile.