Le pape a reçu au Vatican la jeune Soudanaise chrétienne condamnée à mort

24 juillet 2014 à 11h49 par La rédaction

Cité du Vatican (AFP)

Le pape François a reçu jeudi la jeune Soudanaise chrétienne, condamnée à mort pour avoir refusé de se convertir à l'islam puis acquittée après une mobilisation internationale, a annoncé le Vatican.

Meriam Yahia Ibrahim Ishag, après avoir atterri dans la matinée à l'aéroport militaire de Roma Ciampino, a été accueilli, ainsi que son mari et ses deux enfants, par le pape à la résidence Sainte-Marthe où il réside, à 13h00 (11h00 GMT).

"La rencontre a duré un peu moins d'une demi-heure et s'est déroulée dans un climat serein et affectueux", a souligné le Vatican dans un communiqué.

Le pape argentin a remercié Meriam pour "son témoignage courageux et sa constance" tandis que la jeune femme a remercié François pour le "grand soutien et le réconfort" ressentis à travers les prières "du pape et de tant d'autres croyants".

Avec ce geste, conclut le Vatican, le pape "a voulu manifester sa proximité, son attention et sa prière pour tous ceux qui souffrent pour leur foi, et en particulier les chrétiens qui subissent des persécutions ou des contraintes contraires à la liberté de religion".

Née d'un père musulman et d'une mère chrétienne orthodoxe, qui l'a élevée dans sa confession après le départ du père quand elle avait 5 ans, Mme Ishag s'est convertie au catholicisme juste avant d'épouser son mari chrétien fin 2011, selon l'archevêché catholique de Khartoum.

Elle a refusé d'abjurer sa foi chrétienne au profit de l'islam devant la cour qui l'a condamnée à mort le 15 mai.

Cette condamnation, prononcée en vertu de la loi islamique en vigueur au Soudan qui interdit les conversions, a finalement été annulée en appel le 23 juin, après que l'affaire eut provoqué un tollé international.

Déjà mère d'un garçon de 20 mois, elle a accouché fin mai d'une fille en prison.

Elle a également été condamnée à 100 coups de fouet pour "adultère" car, selon l'interprétation soudanaise de la charia, toute union entre une musulmane et un non-musulman est considérée comme un "adultère".