Le Soudan se retire du sommet Europe-Afrique après un différend sur Béchir

28 novembre 2010 à 18h38 par La rédaction

TRIPOLI (AFP)

Le Soudan s'est retiré du sommet Europe-Afrique prévu lundi et mardi en Libye, après un différend au sujet de la participation de son président Omar el-Béchir à ce sommet, a indiqué dimanche à Tripoli le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ali Karti.

"M.Béchir ne participera à ce sommet.Nous nous retirons donc de la réunion et le Soudan ne sera représenté à aucun niveau", a déclaré le ministre.

Le président soudanais, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), a décidé de ne pas prendre part au sommet "pour ne pas mettre Tripoli dans l'embarras", a-t-il dit, faisant état de "pressions européennes".

Le ministre a claqué la porte d'une réunion à huis-clos avec ses homologues africains après avoir reçu des "instructions (de Khartoum) de quitter la réunion", a-t-il indiqué à la presse.

Avant de partir, M. Karti "a fait une déclaration absolument limpide et claire", a déclaré Jean Ping, le président de la commission de l'Union Africaine.

"Il a déploré certaines attitudes et des choses qui se sont passées, et a annoncé que M. Béchir ne viendrait pas", a-t-il dit à la presse à l'issue de la réunion.

L'Union européenne avait demandé à la Libye des assurances que M. Béchir n'allait pas participer au sommet, avait indiqué à l'AFP un diplomate européen.

Mais l'ex-président sud-africain Thabo Mbeki avait indiqué samedi soir que M. Béchir était attendu à Tripoli pour participer au sommet.

"Il y a des sommets de l'Union africaine et de l'Union européenne en Libye.Le président Béchir se rendra à ce sommet qui sera suivi immédiatement par le sommet du conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine", a déclaré Thabo Mbeki après un entretien à Khartoum avec Omar el-Béchir et le vice-président Salva Kiir.

Les pays d'Afrique et de l'UE se réunissent lundi et mardi à Tripoli, en Libye, pour leur troisième sommet, officiellement dédié au développement économique.

Le président soudanais Omar el-Béchir est depuis mars 2009 sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie depuis sept ans à une guerre civile complexe.La CPI a ajouté cette année des charges pour génocide contre le raïs soudanais.