Les Comoriens votent dans le calme pour élire un nouveau président

Par La rédaction

MORONI (AFP)

Les électeurs votaient dimanche aux Comores pour le second tour de l'élection présidentielle à laquelle le candidat du pouvoir est favori et qui doit porter à la tête de cet archipel de l'océan Indien, pour la première fois depuis l'indépendance, un ressortissant de l'île de Mohéli.

Les bureaux de vote ont ouvert comme prévu vers 8H00 locales (5H00 GMT) dans les trois îles de l'Union des Comores, Grande Comore, Anjouan et Mohéli, selon la Commission électorale (Ceni).

La participation semblait faible dans la capitale Moroni, en comparaison au premier tour du scrutin le 7 novembre dernier, a constaté le correspondant de l'AFP.

Aucun incident majeur n'était à signaler en fin de matinée, a précisé à l'AFP le président de la Ceni, Madi Laguera.

"Dans l'ensemble tout se passe bien à Anjouan", a notamment assuré M. Laguera, qui se trouve sur place pour superviser le bon déroulement du vote.

Il a simplement fait état d'un bureau de vote resté fermé dans le village de Mirontsy, en périphérie de Mutsamudu la capitale de l'île, après un cas de bourrage d'urne et de bulletins dérobés.

Quelque 384.358 électeurs comoriens sont appelés à départager les trois premiers candidats du premier tour.Ces primaires avaient eu la particularité de se dérouler sur la seule île de Mohéli, en vertu d'un système de présidence tournante instauré par la Constitution de 2001 entre Mohéli, Grande Comore et Anjouan.

Quel que soit le résultat du second tour de ce dimanche, ce sera donc la première fois depuis l'indépendance en 1975 des Comores (700.000 habitants) qu'un ressortissant de Mohéli prendra la tête du pays.

Le vice-président sortant, candidat du pouvoir et dauphin désigné du chef de l'Etat sortant Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, Ikililou Dhoinine, était arrivé en tête de ces primaires, avec 28,19% des suffrages exprimés, devant les candidats de l'opposition Mohamed Said Fazul et Abdou Djabir.

Tous trois sont originaires de la petite Mohéli, dont les habitants s'estiment souvent marginalisés dans la vie politique nationale par rapport aux deux autres îles.

Un des principaux enjeux du scrutin est de parachever le processus de réconciliation nationale engagé depuis 2001, sous l'égide de l'Union africaine (UA), à la suite de la crise séparatiste de l'île d'Anjouan en août 1997.

Le scrutin doit aussi mettre un terme à une crise politique née de la prolongation controversée du mandat du président Sambi au-delà du 26 mai dernier, une mesure vivement contestée par l'opposition et la population de Mohéli.

Ne pouvant se représenter, M. Sambi a choisi pour lui succéder son vice-président, un choix motivé, selon lui, par le souci "de voir à la tête de l'Etat un homme capable de poursuivre l'oeuvre engagée (...)".

Après les divisions au sein de la mouvance présidentielle, ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs ralliements de membres de l'opposition au candidat Ikililou, mais également une relance de la campagne de M. Fazul, son principal challenger.

Comme lors du premier tour, la présidentielle est couplée avec l'élection des gouverneurs des îles, avec à chaque fois un candidat du pouvoir et un candidat de l'opposition en lice, à l'exception d'Anjouan, où les deux prétendants appartiennent au camp présidentiel.

La désignation de ces gouverneurs, élus comme le chef de l'Etat pour cinq ans, est un enjeu politique majeur à l'échelle de chaque île.

Pour ce second tour, la Ceni avait mis en place un certain nombre de mesures afin d'éviter des difficultés d'organisations ou accusations de fraudes ayant marqué le premier tour, en formant les assesseurs et en supprimant notamment le vote par procuration.