Les conflits dans le sud du Soudan touchent durement 250.000 personnes

Par La rédaction

KHARTOUM (AFP) - (AFP)

L'ONU a affirmé mardi que 250.000 personnes étaient "durement affectées" par les combats dans des régions soudanaises limitrophes du Soudan du Sud, auxquelles le gouvernement de Khartoum refusait toujours l'accès aux agences humanitaires.

"Nous estimons que plus d'un million de personnes sont affectées par les combats du Nil Bleu et du Kordofan-Sud", deux Etats situés le long de la nouvelle frontière entre les deux Soudan, a déclaré le responsable du bureau de l'agence humanitaire de l'ONU (Ocha) au Soudan, Mark Cutts.

"Nous estimons également qu'un quart de ce million de personnes est durement affecté", a-t-il précisé, ajoutant que la principale préoccupation de l'ONU concernait les populations "privées de tout approvisionnement d'urgence venant de l'extérieur".

Des combats opposent l'armée soudanaise et des rebelles, depuis juin au Kordofan-Sud et septembre au Nil Bleu.Khartoum cherche en effet à asseoir son autorité dans ces régions dont une partie de la population a combattu au côté des Sudistes pendant la guerre civile (1983-2005, 2 millions de morts).

Selon M. Cutts, ces combats ont provoqué des perturbations majeures dans le cycle des cultures, accroissant l'insécurité alimentaire dans la région, de même que dans les services de base (hôpitaux, centre de santé, écoles, etc.).

Selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), le niveau de culture dans certaines zones représente à peine un quart de ce qu'il était les années précédentes, ce qui augure de pénuries alimentaires dont les enfants risquent de souffrir.

Malgré ces inquiétudes, le gouvernement soudanais interdit l'accès de ces régions aux travailleurs humanitaires, y compris aux agences de l'ONU, répétant que c'est pour leur propre sécurité en raison des combats et des enlèvements et assurant qu'il fait de son mieux pour apporter l'aide nécessaire.

"Nous ne sommes pas à même de vérifier les besoins actuels sur le terrain ou de répondre à ces besoins car nous ne sommes simplement pas sur place", a regretté Peter de Clercq, coordinateur humanitaire de l'ONU intérimaire au Soudan.

"La seule chose que l'on peut dire avec une certaine certitude est que (...) nous sommes devant une situation humanitaire qui se détériore" dans ces zones que de nombreux réfugiés ont fui pour le Soudan du Sud et l'Ethiopie, a-t-il reconnu.

Selon l'Ocha, plus de 80.000 Soudanais ont fui le Kordofan-Sud et le Nil Bleu pour trouver refuge au Soudan du Sud, tandis que 417.000 autres sont déplacés à l'intérieur des régions touchées.

Et les violences se poursuivent.Le week-end dernier, des affrontements entre soldats et rebelles ont fait au moins 19 morts à Talodi, au Kordofan-Sud, selon un responsable rebelle.

L'armée soudanaise a également mené des attaques de l'autre côté de la frontière.En novembre, un avion de l'armée de l'air soudanaise a bombardé un camp abritant 20.000 réfugiés du Kordofan-Sud à Yida, au Soudan du Sud, sans faire de victime mais en provoquant un tollé international.

Le gouvernement soudanais accuse les autorités sud-soudanaises de soutenir les rebelles nord-soudanaise, ce que Juba dément, accusant à son tour Khartoum d'armer les milices rebelles actives au sud de la frontière.