Les Etats-Unis réclament la fin des violences, insistent sur la transition

2 février 2011 à 21h49 par La rédaction

WASHINGTON (AFP)

Les Etats-Unis ont fermement condamné mercredi les violences "révoltantes" contre les manifestants en Egypte et ont insisté sur la nécessité pour le président Hosni Moubarak d'engager sans délai la transition du pouvoir, sans toutefois aller jusqu'à l'ultimatum.

Le président Barack Obama et son administration "condamnent fermement la violence révoltante et déplorable qui a eu lieu dans les rues du Caire", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, alors que le bilan des affrontements s'alourdissait.

"Si le gouvernement est à l'origine de cette violence, elle doit s'arrêter immédiatement", a prévenu M. Gibbs, en soulignant que M. Obama était régulièrement tenu au courant des événements.

De son côté, la chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a réclamé mercredi au nouveau vice-président égyptien Omar Souleimane une enquête sur les violences du Caire, a indiqué le porte-parole du département d'Etat.

La secrétaire d'Etat "a souligné notre condamnation de la violence survenue" mercredi et "a invité le gouvernement à tenir les auteurs pleinement responsables", a déclaré Philip Crowley.

"Elle a fermement appelé le gouvernement à enquêter", a-t-il poursuivi, et elle a insisté sur le fait que "la transition doit commencer maintenant", reprenant l'appel lancé mardi par le président Barack Obama.

"Nous ne savons pas qui a lâché ces voyous dans les rues du Caire", a dit M. Crowley: "Qui qu'ils soient, ils doivent être tenus responsables.C'était à l'évidence une tentative d'intimider les manifestants".

De violents heurts entre pro et anti Hosni Moubarak ont éclaté mercredi au Caire, alors que l'opposition a maintenu un appel à une mobilisation massive vendredi pour exiger le départ immédiat du président.

Un militaire a été tué et plus de 600 personnes ont été blessées dans ces affrontements, a indiqué la télévision d'Etat.

Le président Moubarak fait face depuis neuf jours à un mouvement de contestation sans précédent qui exige son départ immédiat.Le dirigeant octogénaire a affirmé mardi soir qu'il resterait au pouvoir jusqu'à la présidentielle de septembre, à laquelle il a promis de ne pas être candidat.

M. Obama a indiqué mardi avoir dit à M. Moubarak qu'une transition politique pacifique et calme devait débuter "maintenant", s'abstenant toutefois d'exiger son départ immédiat.

L'influent sénateur John McCain, ancien candidat à la présidentielle et considéré comme proche du Pentagone, a quant à lui sauté le pas juste après avoir été reçu par M. Obama à la Maison Blanche mercredi en début d'après-midi.

"C'est regrettable (mais) le temps est venu pour le président Moubarak de démissionner et de lâcher les rênes du pouvoir.C'est dans le meilleur intérêt de l'Egypte, de ses habitants et de son armée", a-t-il affirmé.

Mercredi, la Maison Blanche n'a toutefois pas dévié de son appel au début immédiat d'une transition démocratique.

"Maintenant veut dire maintenant", a répété M. Gibbs, qui, interrogé pour savoir si la Maison Blanche estimait que M. Moubarak était un "dictateur", a répondu que le dirigeant avait "l'occasion de montrer au monde ce qu'il est exactement en entamant cette transition maintenant".

Mais l'Egypte, par la voix de son porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a rejeté mercredi ces appels.

"Ce que disent des parties étrangères sur +une période de transition commençant immédiatement+ en Egypte est refusé", a déclaré Hossam Zaki dans un communiqué, estimant que cela "vise à enflammer la situation intérieure en Egypte".