Les Marocains aux urnes pour une nouvelle Constitution

Par La rédaction

RABAT (AFP) - (AFP)

Les Marocains votaient vendredi sur une nouvelle Constitution proposée par le roi Mohammed VI dans la foulée des soulèvements arabes, octroyant plus de pouvoirs au Premier ministre et favorisant l'Etat de droit.

L'issue positive du référendum ne faisant guère de doute, l'incertitude portait sur le taux de participation: les observateurs s'attendaient à ce qu'il prenne plus d'ampleur, après la prière, dans l'après-midi.

Le taux de participation à 14h00 locales (13H00 GMT) était de 39%, selon le ministère de l'Intérieur marocain.

"C'est un scrutin qui va lancer le Maroc sur la voie démocratique", a déclaré à l'AFP un votant qui ne s'est pas identifié en déposant son bulletin de vote, dans une école à Salé, près de Rabat.En fin de matinée, quelques dizaines de personnes, la plupart âgées, attendaient leur tour.

A Rabat même, l'affluence était très réduite dans certains bureaux de vote du centre ville.

A Casablanca, capitale économique et plus grande ville du pays, quelque centaines de personnes faisaient la queue sous une chaleur accablante dans une école du quartier populaire de Sidi Mohsen.

La plupart des quotidiens marocains appelaient vendredi avec des accents lyriques à la participation au référendum.

"Aux urnes, citoyens" lançait en Une le journal Le Matin, proche du pouvoir.

Ouvert à plus de 13 millions de Marocains, le scrutin devrait se poursuivre jusqu'au soir dans les 40.000 bureaux mis en place, y compris au Sahara occidental.

Les opérations de vote dans le royaume se déroulent sous la surveillance de 136 observateurs marocains appartenant à la société civile et placés sous la supervision du Conseil national des droits de l'homme (CNDH, officiel), a indiqué à l'AFP un responsable du ministère de la communication.

 A Paris, des centaines de Marocains votaient au consulat, les bureaux de vote étant ouverts jusqu'à dimanche soir à l'étranger."Quand il y a un changement qui tient la route, la moindre des choses c'est de prendre la peine de voter", a estimé Mounir, 26 ans, consultant dans une banque.

Les premiers chiffres devraient être connus dans la soirée de vendredi, mais il faudra attendre dimanche ou lundi pour les résultats définitifs.

Les médias publics, la majorité des journaux, les principaux partis politiques, les grands syndicats et les mosquées du royaume ont invité à voter "oui" lors d'une courte campagne de 10 jours.

Le projet de Constitution vise à "consolider les piliers d'une monarchie constitutionnelle, démocratique, parlementaire et sociale", avait déclaré Mohammed VI dans un discours adressé à la nation le 17 juin.

 Le Premier ministre, issu du parti vainqueur aux élections, aura la possibilité de dissoudre la chambre des représentants, ce qui était du seul attribut du roi avant le projet de réformes, prévoit notamment le texte.

Le Mouvement des jeunes contestataires du 20 février --qui revendique plus de 62.000 membres et qui est le porte-drapeau d'une mobilisation pacifique dans la rue -- a appelé au boycott.

"Partant de la dynamique politique et démocratique qui a été déclenchée par le Mouvement du 20 février, et malgré toutes les tentatives de l'Etat pour l'affaiblir, nous appelons au boycott de ce référendum parce que la Constitution qu'il propose consacre l'absolutisme et ne fera pas disparaître la corruption", peut-on lire sur sa page Facebook vendredi.

Ce mouvement a été lancé dans le sillage des rassemblements en Tunisie et en Egypte qui ont conduit à la chute de régimes autoritaires installés depuis des décennies.