Liberia: démission du gouverneur de la banque centrale

25 octobre 2019 à 17h19 par AFP

AFRICA RADIO

Le gouverneur de la Banque centrale du Liberia (BCL), épinglé depuis un an pour une gestion jugée hasardeuse de la politique monétaire de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest, a présenté sa démission, a indiqué vendredi la présidence libérienne.

"Le président du Liberia, George Weah, a accepté la démission du gouverneur de la Banque centrale du Liberia, Nathaniel Patray", a indiqué sur son site internet la présidence. La démission, annoncée depuis plusieurs mois par le chef de l'Etat, est intervenue jeudi 24 octobre "avec effet immédiat", précise le communiqué.Fin 2018, un audit indépendant s'était montré très critique de la méthode retenue par l'administration et les autorités monétaires libériennes pour injecter dans l'économie, de juillet à octobre 2018, 25 millions de dollars américains pour enrayer la chute de la monnaie nationale.Au début de cette année, George Weah, au pouvoir depuis janvier 2018, avait ordonné une enquête sur cette opération, puis promis de restructurer la banque centrale pour relever les défis d'une économie en grande difficulté, dans un des pays les plus pauvres au monde.Des mesures insuffisantes aux yeux de l'opposition, qui a organisé plusieurs manifestation anti-Weah cette année, et qui réclame l'ouverture de poursuites pénales contre M. Patray et contre le ministre des Finances, Samuel Tweah.Alors que l'enquête officielle n'a pas encore produit de résultat, le président Weah a "profondément remercié M. Patray pour ses services au gouvernement et au peuple libérien", qu'il a qualifié de "remarquables", selon le communiqué officiel.George Weah a aussi assuré que l'ex-gouverneur pourrait être appelé à occuper d'autres fonctions "quand le besoin s'en fera sentir", selon la même source.Un ancien économiste en chef de l'Agence monétaire de l'Afrique de l'Ouest (AMAO), Musa Dukuly, a été chargé de la gestion de la BCL jusqu'à la nomination d'un nouveau gouverneur.Cinq anciens responsables de l'institution, dont un fils de l'ex-présidente Ellen Johnson Sirleaf, sont par ailleurs poursuivis sur des accusations de "blanchiment", "complot criminel" et "sabotage économique" dans une autre affaire retentissante liée à l'entrée de billets dans le pays entre 2016 et 2018.Il leur est notamment reproché d'avoir fait imprimer sans autorisation un excédent de billets pour un montant de 2,645 milliards de dollars libériens (14,4 millions d'euros ou 16,3 M USD), dont ils ne peuvent justifier l'utilisation, selon l'accusation. Ils ont plaidé non coupables fin août.