Libye: combats autour de Brega, la rébellion prête à un cessez-le-feu

1er avril 2011 à 12h07 par La rédaction

PRES DE BREGA (Libye) (AFP)

Des combats opposaient vendredi rebelles et forces fidèles au dirigeant Mouammar Kadhafi près du site pétrolier de Brega, dans l'est de la Libye, au moment où les insurgés se disaient prêts à un cessez-le-feu sous certaines conditions.

La ligne de front se situait en milieu de journée aux environs de Brega, mais il était impossible de savoir de source indépendante qui contrôlait cette localité située à 800 km à l'est de Tripoli, selon des reporters de l'AFP.

Selon le plus haut gradé américain, l'amiral Mike Mullen, "le plus gros problème (de la coalition) ces trois ou quatre derniers jour a été le temps".

"Cela plus qu'autre chose a réduit, sans l'éliminer, l'efficacité" des avions chargés des frappes, qui parfois ne peuvent pas "voir les cibles avec précision", a-t-il expliqué.

Les conditions météorologiques ont permis aux forces loyalistes de mener leur contre-offensive vers l'est alors que les lignes rebelles étaient étirées, selon lui.

Vendredi matin, les rebelles, sous-équipés et moins bien organisés que l'armée loyaliste qu'ils combattent depuis un mois et demi, ont toutefois tenté de remettre de l'ordre dans leur organisation.

Devant la porte Ouest d'Ajdabiya, à l'est de Brega, Abdelkarim Mansouri, 54 ans, crie les nouvelles consignes: "Plus de civils ! Plus de voitures civiles.Seuls les soldats et le ravitaillement peuvent passer !"

Il explique à l'AFP qu'il s'agit là d'une "nouvelle tactique"."On ne veut plus que les chebab (jeunes) se fassent tuer.La guerre n'est pas une distraction.Ce sont les ordres du conseil militaire".

Pendant ce temps, à Benghazi, fief des rebelles dans l'est du pays, le chef des insurgés s'est dit prêt à respecter un cessez-le-feu, mais seulement si deux conditions sont réunies.

"Nous sommes prêts à un cessez-le-feu à condition que nos frères dans les villes de l'ouest puissent s'exprimer librement et que les forces (pro-Kadhafi) qui assiègent nos villes se retirent", a déclaré Moustapha Abdeljalil, chef du Conseil national de transition (CNT) de l'opposition.

Le chef du CNT s'exprimait peu après une rencontre avec l'envoyé spécial de l'ONU en Libye, le Jordanien Abdel Ilah Khatib.Ce dernier a affirmé de son côté que le "principal objectif (de l'ONU) est d'obtenir un cessez-le-feu durable", lors d'une interview à la chaîne qatarie Al-Jazira.

Les grandes puissances occidentales cherchent une solution politique plutôt que militaire au conflit en Libye, qui a éclaté le 15 février avec les premières manifestations en faveur de la démocratie à Benghazi (1.000 km à l'est de Tripoli).

"La situation en Libye ne peut pas être résolue par des moyens militaires.Il peut seulement y avoir une solution politique et nous devons mettre en route un processus politique", a ainsi déclaré le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle.

"Cela devrait démarrer avec un cessez-le-feu respecté par Kadhafi pour pouvoir démarrer un processus de paix", a-t-il ajouté.

Parallèlement, une source gouvernementale à Londres indiquait à l'AFP qu'un proche conseiller du clan Kadhafi à Tripoli, en visite dans sa famille à Londres, est reparti porteur d'un "message fort" du gouvernement britannique au régime Kadhafi.

Le Foreign Office n'a pas confirmé l'information, tout en précisant que "dans tous les contacts que nous avons, nous disons clairement que Kadhafi doit partir".

Selon le quotidien britannique The Guardian et la BBC, Mohammed Ismail aurait été envoyé à Londres pour tenter de trouver une porte de sortie au dirigeant libyen.

Car si ses troupes ont marqué des points sur le terrain ces derniers jours, Mouammar Kadhafi a en revanche subi un revers important sur le plan politique avec le départ pour Londres et la démission, annoncés mercredi soir, de son ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa, une des principales figures du régime.

Cette défection est "un coup dur" pour Kadhafi et montre que l'entourage du dirigeant n'a plus confiance en son régime, a estimé un porte-parole de la Maison Blanche.

 Moussa Koussa, 59 ans, est connu pour avoir activement participé ces dernières années au retour de la Libye dans le concert des nations fréquentables.Il avait été nommé ministre en mars 2009, après avoir été chef des services de renseignements de 1994 à 2009.

Le porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, a confirmé la démission de M. Koussa, en soulignant que le régime "ne dépendait pas d'individus".Il a assuré que Kadhafi et ses enfants resteraient dans le pays "jusqu'à la fin".

L'Otan a pris jeudi matin le commandement de toutes les opérations, assumées depuis le 19 mars par la coalition menée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne.

Selon son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, la mission de l'alliance sera accomplie "quand il n'y aura plus de menaces contre la population civile", mais il est impossible de dire à quel moment cela sera le cas.

 Il s'est opposé à l'idée d'armer les rebelles, estimant que l'Otan intervient militairement "pour protéger le peuple libyen, et non pour armer le peuple".