Mali: abandon des poursuites dans un dossier de tentative de coup d'Etat (avocats)

Par AFP

AFRICA RADIO

La justice malienne a annulé mardi les poursuites intentées contre sept personnalités accusées d'avoir préparé un coup d'Etat contre le pouvoir de transition, dont un ancien Premier ministre et un animateur radio vedette, a-t-on appris mardi auprès de la défense des prévenus.

La chambre d'accusation de la Cour d'appel de Bamako a rendu son délibéré à huis clos dans le dossier dit de "complot contre le gouvernement de la République", a indiqué Kassoum Tapo, l'avocat du dernier Premier ministre avant le putsch d'août 2020, Boubou Cissé.La juridiction a "annulé les mandats de dépôt" et "ordonné la mise en liberté immédiate de tous les inculpés", ce qui "met donc fin à cette affaire", a ajouté Me Tapo. Son client, qui affirmait ne pas être en fuite mais "en lieu sûr" à Bamako, n'avait pas été interpellé.Contrairement à Mohamed Youssouf Bathily, dit "Ras Bath", militant, polémiste et animateur radio aux nombreux sympathisants, l'un des cinq hommes à avoir été placés en détention provisoire. Son avocat, Zana Koné, a confirmé à l'AFP l'abandon des poursuites.Ces personnalités étaient poursuivies pour "complot contre le gouvernement, association de malfaiteurs, offense à la personne du chef de l'Etat et complicité".Cette affaire, révélée en décembre avec une série d'interpellations par la Direction générale des services de l'Etat (DGSE, le renseignement malien), a suscité une grande perplexité étant donné la personnalité des mis en cause et le caractère étonnant d'une éventuelle tentative de déstabilisation, alors que les militaires ont la mainmise sur le pouvoir depuis le putsch qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta.Le parquet avait évoqué des faits présumés "d'atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat", des "indices graves et concordants" de l'existence d'une "entreprise criminelle" et des "actions de sabotage" contre des initiatives prises par les autorités de transition mises en place par les militaires après leur putsch.La justice avait aussi écroué Vital Robert Diop, directeur général du Pari mutuel urbain (organisation de paris sur les courses de chevaux et de jeux de hasard), Aguibou Tall, un responsable d'une agence oeuvrant à l'accès aux télécommunications, demi-frère de Boubou Cissé, et deux hauts cadres du Trésor public (Finances de l'Etat), Mamadou Koné et Souleymane Kansaye.Le secrétaire général de la présidence de la République, Sékou Traoré, avait été interpellé, avant d'être rapidement remis en liberté.