Mali: le chef d'un groupe islamiste négocie la libération d'otages algériens

11 mai 2012 à 11h33 par La rédaction


BAMAKO (AFP) - (AFP)

Le leader du mouvement islamiste Ansar Dine, en tournée "d'islamisation" dans le nord du Mali, a rencontré à Gao les responsables d'un groupe jihadiste qui détient en otages un diplomate algérien et six de ses collaborateurs, a appris l'AFP vendredi de sources concordantes.

"Nous avons rencontré Iyad Ag Ghaly dans la nuit de jeudi à vendredi au sujet des otages algériens.Il nous a demandé de voir comment on peut les libérer", a déclaré à l'AFP Moustapha Ould Tahel, membre du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao),

"Nous allons continuer les discussions", a-t-il poursuivi, sans autre détail.

L'entourage de Iyad Ag Ghaly a confirmé la rencontre.

Le Mujao, qui a revendiqué l'enlèvement le 5 avril à Gao (nord-est) du consul d'Algérie et de six de ses collaborateurs, a lancé mardi un ultimatum de 30 jours au gouvernement algérien pour donner satisfaction à ses revendications: la libération d'islamistes détenus en Algérie, et une rançon de 15 millions d'euros.

Passé ce délai, la vie des otages sera "en grand danger", avait ajouté le mouvement jihadiste récemment apparu et qui se présente comme une dissidence d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a ses bases dans le nord du Mali.

Après une tournée "d'islamisation" dans les localités de Ansogo, Talataye, et Tintachori, Iyad Ag Ghaly est arrivé à Gao pour "consolider la base de Ansar Dine, et partout nous sommes très bien accueillis", a affirmé à l'AFP Oumar Ag Ahmed, un proche du chef d'Ansar Dine (Combattants de l'islam).

Les otages algériens ont été enlevés quelques jours après que la ville de Gao soit tombée sous le contrôle de divers groupes armés islamistes dont le Mujao, Ansar Dine, épaulé par Aqmi, et le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg).

Outre Gao, Tombouctou et Kidal - les deux autres villes et régions administratives du nord du Mali - sont aussi tombées à la faveur d'un coup d'Etat à Bamako qui, le 22 mars, a renversé le régime du président malien Amadou Toumani Touré, longtemps accusé par ses voisins d'avoir fait preuve de laxisme dans la lutte contre Aqmi.