Mali: ravisseurs de deux Français arrêtés, preuve de vie de 3 autres otages

Par La rédaction

BAMAKO (AFP) - (AFP)

 Les ravisseurs de deux Français enlevés fin novembre à Hombori (nord du Mali) ont été arrêtés par les services de sécurité maliens, annonce qui a coïncidé lundi avec la première preuve de vie de trois autres Européens enlevés fin octobre à Tindouf (ouest de l'Algérie).

Des sources des services maliens de sécurité ont affirmé à l'AFP que "le commando auteur de l'enlèvement des deux Français de Hombori a été arrêté" par ces services, sans plus de précisions sur le nombre de personnes arrêtées, leur nationalité, ni sur les circonstances des arrestations.Les otages ne se trouvaient pas avec le commando au moment de son interpellation.

Elles ont ajouté que les arrestations ont eu lieu au Mali et que "les enquêtes se poursuivent" sur l'enlèvement de Serge Lazarevic et Philippe Verdon, deux Français kidnappés par des hommes armés le 24 novembre à leur hôtel de Hombori et emmenés vers une destination inconnue.

Leur enlèvement a été revendiqué la semaine dernière par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui a également revendiqué celui de trois autres Européens le lendemain à Tombouctou, également dans le nord du Mali.

Un touriste allemand qui était avec ces trois hommes et avait résisté a été tué d'une balle dans la tête par les ravisseurs.

L'organisation a fait publier le 9 décembre deux photos des otages entourés d'hommes en armes, l'une des deux Français, l'autre des trois Européens de Tombouctou.

Au total, douze Européens, dont six Français, sont retenus dans le Sahel par Aqmi et un groupe présenté comme dissident, le Mouvement Unité pour le Jihad en Afrique de l'Ouest, jusqu'alors inconnu et présenté comme un dissident d'Aqmi.

Ce mouvement a réalisé une vidéo des trois otages - une femme et un homme espagnols, ainsi qu'une Italienne - qu'un journaliste de l'AFP a pu visionner à Bamako, par l'intermédiaire d'un médiateur qui oeuvre à obtenir leur libération.

"Ravisseurs à la peau noire"

Sur cette vidéo de moins de deux minutes, on voit les visages non floutés des otages dont les images sont précédées du nom de l'organisation ayant revendiqué leur enlèvement: Jamat Tawhid Wal Jihad Fi Garbi Afriqqiya (Mouvement Unité pour le Jihad en Afrique de l'Ouest).

Chacun des otages se présente brièvement dans sa langue, sans formuler de revendication.

L'homme a le pied gauche entouré d'un bandage.Les deux femmes sont habillées d'une tunique de couleur bleue et portent chacune un voile couleur moutarde.

Derrière les otages, des hommes en armes au visage en partie recouvert d'un turban, dont la plupart ont la peau noire.

Les trois Européens avaient été enlevés le 23 octobre à Hassi Rabuni, qui abrite le siège du gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique (RASD-Polisario) près de Tindouf, où sont situés des camps de réfugiés sahraouis.

Le Front Polisario, soutenu par l'Algérie et qui lutte pour l'indépendance du Sahara occidental, territoire du sud du Maroc dont la partie nord-est est proche de Tindouf, avait attribué ce rapt à Aqmi.

Il avait affirmé que les ravisseurs étaient venus du Mali et qu'ils avaient ramené leurs otages dans ce pays, information démentie par le gouvernement malien.

Le Mouvement unité pour le Jihad en Afrique de l'Ouest a décidé "de répandre" la guerre sainte "en Afrique de l'Ouest" et de ne plus se cantonner au Sahel, théâtre d'opération traditionnel d'Aqmi, selon une source des services maliens de sécurité.

"Dans le noyau, il y a des éléments sahraouis qui ont participé à l'enlèvement des trois Européens" dans la région de Tindouf, "il y a des Algériens, mais aussi des ressortissants d'Afrique de l'Ouest", a-t-elle ajouté.