Maroc: l'historien Maati Monjib a eu un "procès équitable" (autorités)

Par AFP

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Les autorités judiciaires marocaines ont affirmé lundi que l'historien et défenseur des droits humains Maati Monjib avait bénéficié d'un "procès équitable", en qualifiant de "contrevérités" les critiques sur sa récente condamnation à un an de prison ferme.

M. Monjib, âgé de 60 ans, a été condamné le 27 janvier pour "fraude" et "atteinte à la sécurité de l'Etat" au terme d'un procès ouvert en 2015 impliquant six autres journalistes et militants des droits humains. Ses avocats et son comité de soutien se sont indignés que ce jugement ait été rendu en son absence, sans convocation de sa défense.Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire a exprimé dans un communiqué "son rejet total de toutes les allégations et contrevérités (....) qui visent, de façon malhonnête, à politiser une affaire liée au droit commun".Ce communiqué justifie le jugement prononcé le 27 janvier par le tribunal de Rabat en affirmant que M. Monjib était "informé de la date d'audience" et que "son absence, comme celle de sa défense, émane d'une décision personnelle volontaire". Aussi, le présenter "comme privé de son droit à la défense et d'un procès équitable reste infondé juridiquement et dans les faits", affirme le texte.Jointe par l'AFP, l'équipe de la défense a pour sa part maintenu sa position: "ni la défense, ni M. Monjib n'ont été notifiés de la tenue d'audiences depuis le 20 octobre ", a déclaré Me Mohamed Messaoudi, un de ses avocats. Les défenseurs de M. Monjib affirment avoir appris par un site du ministère de la Justice les condamnations des sept accusés, allant d'amendes légères à un an de prison ferme. Depuis son ouverture formelle, toutes les audiences de ce procès, visant des malversations liées à la gestion d'un centre créé par l'historien pour promouvoir notamment le journalisme d'investigation, avaient été systématiquement renvoyées.Les autorités judiciaires affirment que Maati Monjib a lui-même "décidé de s'absenter au cours des cinq dernières audiences", tandis que ses avocats assurent qu'il "n'était jamais absent aux audiences notifiées".Son comité de soutien a qualifié dimanche le verdict d'"injuste et vengeur" et exigé "sa libération immédiate" en réclamant aussi "l'abandon des charges" contre ses co-accusés. Le communiqué du Conseil supérieur rappelle son "droit à interjeter appel".