Maroc: réunion internationale sur la sécurité en Afrique du Nord

14 novembre 2013 à 11h20 par La rédaction


Rabat (AFP)

Une conférence regroupant une vingtaine de pays et de nombreuses organisations internationales s'est ouverte jeudi à Rabat, pour tenter d'améliorer la coopération transfrontalière et la lutte contre l'insécurité en Afrique du nord, face notamment à la menace islamiste au Sahel.

frontières Son objectif est de "renforcer la coopération et la coordination sur la sécurité des frontières" au Maghreb et au Sahel, zone qui fait face a des "défis complexes", a déclaré en ouverture le ministère marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar.

Cette conférence, à laquelle participent les chefs de la diplomatie d'autres pays dont la France, se présente comme le prolongement de la réunion sur la sécurité des frontières qui s'était déroulée en mars 2012 à Tripoli, quelques mois après la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Déjà, les autorités libyennes de transition avaient plaidé pour un "renforcement de la coopération régionale".

Vingt mois plus tard, la situation ne s'est pas améliorée, loin s'en faut, comme l'ont prouvé les événements au Mali cette année ou encore la prise d'otage du site gazier d'In Amenas (Algérie), en janvier, qui a fait 37 victimes.Les preneurs d'otages auraient bénéficié d'une aide logistique libyenne.

Selon les organisateurs marocains, la conférence de Rabat doit permettre de "faciliter l'échange d'expériences et d'expertises", ainsi que "la coopération opérationnelle dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, de la criminalité organisée" et "de l'immigration illégale".

Une déclaration sera adoptée au terme des travaux, avant une conférence de presse (13H30 GMT).

En tête des préoccupations figure évidemment la lutte contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), quelques mois après l'intervention française pour déloger des groupes islamistes du nord du Mali, où la situation reste préoccupante.

Cette intervention "n'a pas résolu tous les problèmes et la menace est encore diffuse", a relevé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

Dans ces conditions, Paris veut "favoriser la coopération régionale pour accroître la sécurité au Sahel, qui a beaucoup souffert du terrorisme", a-t-il ajouté.

Immigration illégale

"Tout l'enjeu, c'est de protéger les frontières sans empêcher la vie pastorale", ne jamais séparer sécurité et développement, a résumé auprès de l'AFP une source diplomatique française.

D'après le porte-parole du gouvernement marocain, Mustapha Khalfi, la "stabilité est une priorité, et il faut donner un nouveau souffle à la coopération", en prenant en considération "les développements" en Libye, où des milices font la loi en l'absence de services de sécurité professionnels, et au Mali.

Bien que n'ayant pas de frontières avec ces pays, le Maroc ne cache pas ses inquiétudes.Le royaume a annoncé en début d'année le démantèlement de nombreuses "cellules terroristes" et, en septembre, il a été l'objet de menaces inédites d'Aqmi.

Alors que le drame de Lampedusa --île italienne au large de laquelle des centaines de clandestins partis de Libye sont morts cet automne-- est encore dans les mémoires, l'immigration illégale occupera aussi une large place.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex) sont présentes jeudi à Rabat.

Le Maroc est, là, en première ligne: avec l'Espagne, il doit gérer les innombrables tentatives de franchissement du détroit de Gibraltar ou des enclaves de Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres entre l'Europe et l'Afrique.

Il vient d'annoncer une "opération exceptionnelle" de régularisation pour les "25.000 à 40.000" clandestins présents sur son sol.

De passage à Paris au début du mois, M. Khalfi a par ailleurs assuré que son pays était prêt à coopérer avec l'Algérie, par où se fait l'essentiel des entrées clandestines selon Rabat.

Mais, sur ce point, il existe peu d'espoirs d'une avancée.La frontière commune est officiellement fermée depuis 1994, et les deux pays viennent de vivre une nouvelle crise diplomatique autour du Sahara occidental, ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc mais revendiquée par des indépendantistes soutenus par Alger.

Jeudi, l'Algérie n'est représentée que par son ambassadeur au Maroc.

Ce différend bilatéral entrave la mise en �?uvre de l'Union du Maghreb arabe (UMA), un marché potentiel de cinq pays et près de 100 millions d'habitants.