Mauritanie: le Parlement européen appelle à la libération de militants anti-esclavage

18 décembre 2014 à 15h19 par La rédaction


Strasbourg (AFP)

Le Parlement européen a appelé jeudi la Mauritanie à libérer les militants de la lutte contre l'esclavage interpellés le mois dernier, dont l'opposant Biram Ould Dah Ould Abeid, et a demandé aux autorités d'agir pour "mettre un terme" à l'esclavage.

Dans une résolution non contraignante, le Parlement "condamne fermement l'arrestation et le maintien en détention de Biram Dah Abeid (...) et de ses camarades, et demande leur mise en liberté immédiate".

Ces arrestations "constituent des actes de répression de l'opposition politique et de la société civile", affirment les parlementaires, observant que Biram Dah Abeid a été candidat malheureux à l'élection présidentielle de juin dernier.

Nouakchott doit "permettre aux militants anti-esclavagistes de poursuivre leurs activités non violentes sans (crainte) de subir harcèlement et pratiques d'intimidation", demande le Parlement.

Bien qu'aboli officiellement en 1981 et pénalisé depuis 2007, l'esclavage "demeure une pratique bien réelle en Mauritanie", déplorent les députés européens. Pour éradiquer le phénomène, les autorités devraient "modifier ou abroger toute disposition discriminatoire du corpus législatif", mais aussi "mener un travail de sensibilisation" pour faire évoluer les comportements et croyances de la population, plaide le Parlement.

En novembre, une dizaine de militants anti-esclavagistes de l'ONG Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA)-Mauritanie ont été inculpés et écroués pour appartenance à une organisation non reconnue.

Ces arrestations sont intervenues après des manifestations à Rosso (sud) et Nouakchott, liées à une campagne récente de l'IRA pour dénoncer l'esclavage à travers des rassemblements, réunions et conférences dans le sud du pays.