Militaires renversés près de Paris en 2017: le conducteur renvoyé aux assises

Par AFP

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L'Algérien qui avait renversé en voiture des militaires français en 2017 près de Paris a été renvoyé devant les assises pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste", a appris mardi l'AFP de source judiciaire.

Les juges d'instruction ont ordonné le 26 février un procès devant une cour d'assises spécialement composée pour Hamou Benlatreche, suivant les réquisitions du parquet national antiterroriste (Pnat).Sollicité par l'AFP, son avocat n'avait pas réagi mardi en fin d'après-midi.Le 9 août 2017, cet Algérien, alors âgé de 36 ans, avait blessé six militaires de l'opération Sentinelle, dont trois sérieusement, en fonçant sur eux au volant de sa BMW devant leur local de Levallois-Perret.Le véhicule avait été intercepté quelques heures plus tard sur l'autoroute vers Calais (Nord), à l'issue d'une chasse à l'homme. Hamou Benlatreche, qui était au volant, avait été grièvement blessé par balles alors qu'il refusait d'obtempérer.Titulaire d'un titre de séjour récent, il était auparavant "inconnu des services spécialisés" et s'était seulement signalé dans des affaires de droit commun, sans jamais être condamné.Au cours de l'instruction, cet homme, seul mis en examen dans ce dossier et toujours détenu, a contesté avoir voulu s'en prendre aux militaires, en affirmant qu'un problème de santé l'avait empêché de freiner à temps.Dans son réquisitoire définitif rendu fin décembre, dont l'AFP a eu connaissance, le Pnat a estimé de son côté que ces faits présentaient "non seulement un caractère intentionnel avéré, mais encore sont associés à la volonté de tuer, et ce dans le cadre d'un projet terroriste".Selon le ministère public, "le mode opératoire choisi (...), l'utilisation d'un véhicule bélier pour faucher des piétons, était préconisé dès 2010 dans le magazine Inspire d'Al Qaida" et répondait à un appel de 2014 "invitant à tuer des Occidentaux par tous moyens", des consignes réitérées notamment lors de la revendication des attentats du 13 novembre 2015. L'analyse du téléphone du mis en examen a permis aux enquêteurs de voir qu'il avait eu accès "à des messages d'incitation de cet ordre".Si "les témoignages sur la pratique religieuse et analyses des lectures de Hamou Benlatreche ne révèlent certes pas de radicalité dans le rapport de l'intéressé avec l'Islam", "les récents faits de nature terroriste sont venus démontrer la très grande variété des profils idéologiques des auteurs, ne présentant pas tous, et de loin, d'adhésion consolidée à une lecture radicale de l'Islam", soulignait par ailleurs le Pnat.Alors qu'il avait aussi été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste, les juges ont ordonné un non-lieu, conformément aux réquisitions du Pnat qui estimait qu'il n'avait pas bénéficié d'aide dans sa préparation de l'attaque.Six mois plus tôt, une autre patrouille Sentinelle avait été attaquée au Carrousel du Louvre à Paris par un homme radicalisé armé de machettes. Il avait blessé légèrement un militaire et doit être jugé en 2021 aux assises.