Mort de la "grande reine" zouloue qui avait été nommée régente

Par AFP

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La principale épouse du roi des Zoulous récemment décédé, qui avait été nommée régente dans l'attente de la nomination d'un successeur, s'est à son tour éteinte jeudi en Afrique du Sud, a annoncé le palais royal.

"C'est avec le plus grand choc et la plus grande détresse que la famille royale annonce le décès inattendu de sa majesté la reine Shiyiwe Mantfombi Dlamini Zulu, régente de la nation zouloue", a annoncé jeudi soir le prince Mangosuthu Buthelezi, membre de la famille royale.Ce décès inattendu, à l'âge de 65 ans, "nous a surpris et nous laisse désemparés", a ajouté dans un communiqué ce redoutable ex-chef du parti nationaliste zoulou Inkhata. Mais il a assuré qu'il n'y aurait "pas de vide à la tête de la nation zouloue".La reine, qui était la principale des six épouses du chef traditionnel Goodwill Zwelithini, roi du "peuple du ciel", avait été hospitalisée quelques semaines à peine après sa mort.Mantfombi Dlamini était aussi la soeur de l'actuel roi d'Eswatini (ex-Swaziland). Le 18 mars, la dépouille de Goodwill Zwelithini avait été "plantée" en terre zouloue, dans le Nord-Est du pays. Le testament du défunt, roi sans pouvoir mais au rôle symbolique fort, avait ensuite été lu devant un cercle intime, désignant la reine Mantfombi Dlamini comme régente en attendant la nomination du futur roi. Le roi avait payé un "lobolo", une dot, principalement en têtes de bétail, pour chacune de ses épouses sauf pour la régente: sa dot a été financée par le peuple zoulou lui-même, via plusieurs chefs de villages, faisant automatiquement d'elle la "grande reine" zouloue bien qu'elle soit chronologiquement la troisième épousée sur six.Les curieux et le peuple zoulou, ethnie dominante à laquelle appartiennent plus de onze millions de Sud-Africains, vont devoir patienter, peut-être encore des mois, pour en savoir davantage sur ce successeur.Dans la culture Nguni, dont sont issus les Zoulous, les successions sont "infiniment complexes" et aucune n'est automatique, avait souligné auprès de l'AFP l'historien Pitika Ntuli, spécialiste des traditions indigènes africaines.Le calendrier reste mystérieux. Mais "idéalement, il ne doit pas y avoir de vide", selon le professeur Sihawu Ngubane, de l'Université du Kwazulu-Natal. La période de transition "doit être courte mais attention, cette notion est relative". Lorsque la reine a été nommée régente, tous les regards s'étaient tournés vers son fils aîné, le prince Misuzulu Zulu, 46 ans, dont le prénom signifie "renforcer les Zoulous". Mais aucune confidence du palais royal n'a filtré à ce jour. Le président sud-africain a exprimé ses condoléances, affirmant que le pays tout entier se tenait aux côtés de la famille royale zouloue qui, alors qu'elle est toujours en deuil "du roi bien-aimé, est maintenant appelée à faire ses adieux à la régente de manière si tristement rapprochée".