Mozambique: élections municipales sur fond de troubles

20 novembre 2013 à 14h21 par La rédaction


Maputo (AFP)

Les Mozambicains étaient appelés aux urnes mercredi pour renouveler leurs conseils municipaux dans un climat tendu par les affrontements entre forces gouvernementales et anciens guérilléros de la Renamo qui ont fait des dizaines de morts ces derniers mois.

Aucun trouble n'avait été signalé dans la matinée.

La Renamo, ancienne guérilla antimarxiste reconvertie en mouvement d'opposition après la fin de la guerre civile mozambicaine en 1992, a nié vouloir perturber le scrutin.

"La Renamo n'est pas un parti de violences.A la Renamo, nous n'avons jamais planifié quelque violence que ce soit", a assuré à l'AFP mardi Fernando Mazanga, le porte-parole du mouvement.

Des affrontements ont repris dans la province centrale de Sofala, après  une offensive gouvernementale, fin octobre, contre deux bases de la Renamo où s'était retranché le leader historique du mouvement, Afonso Dhlakama.Celui-ci est depuis en fuite. 

La Renamo, qui boycotte le scrutin, a réclamé au préalable la parité dans la commission électorale, ce qui empêcherait selon elle des irrégularités au profit du Frelimo, le parti au pouvoir.

M. Mazanga n'a cependant pas exclu que "d'autres forces politiques ou sociales" perturbent le scrutin."Si elles (les élections) se passent bien, ou mal, ce n'est pas la responsabilité de la Renamo", a insisté le porte-parole.

La Renamo a régulièrement démenti être à l'origine des violences de ces derniers mois.

Mais des habitants des zones concernées ont peur."Je ne sais pas ce qui va se passer (...).Je crois que je vais rester à la maison, je ne vais pas mettre ma santé en danger", a témoigné Joao Rosario, qui réside à 30 km d'une ancienne base de Dhlakama.

"La Renamo est là-haut", dit-il en désignant les montagnes voisines. 

"Personne ne sait ce qui va se passer", note le porte-parole de la commission électorale Lucas José."Il peuvent attaquer à tout moment, mais nous avons l'obligation d'ouvrir les bureaux de vote."

Le Frelimo avait emporté 52 municipalités sur 53 lors des élections de 2008, déjà boycottées par la Renamo.Moins de la moitié des électeurs s'étaient alors déplacés.

Le scrutin de mercredi sera un test pour le parti au pouvoir, avant les élections générales d'octobre 2014.

L'abstention est traditionnellement élevée au Mozambique et cette année, la plupart des Mozambicains s'intéressent clairement davantage aux relations entre Frelimo et Renamo."Tout le monde veut vraiment être sûr que ce pays ne va pas repartir en guerre", souligne le politologue Egidio Vaz.