Neuf Français portent plainte pour "escroquerie" lors de leur adoption au Mali

10 juin 2020 à 11h39 par AFP

AFRICA RADIO

Neuf Français, adoptés enfants au Mali, ont déposé plainte à Paris pour "escroquerie" et "abus de confiance" contre une association et une de ses ex-responsables, estimant frauduleuses les conditions de leur adoption dans les années 1990, selon des documents consultés mercredi par l'AFP.

Cette plainte, révélée par le quotidien Le Monde et la chaîne TV5 Monde, vise une association d'aide à l'adoption, Le Rayon de soleil de l'enfant étranger (RSEE), et une ancienne responsable locale, Danielle B., pour des faits qui se seraient produits entre 1989 et 1996, concernant des enfants nés au Mali entre 1984 et 1993."L'association a dupé les parents biologiques maliens (...) et les parents adoptifs français par un ensemble de manoeuvres ayant convaincu les premiers de signer un acte valant décharge définitive de leur autorité parentale sur leur enfant et les seconds de régler des frais d'adoption pour un enfant qu'ils pensaient adopter légalement en France", dénoncent Noémie Saidi-Cottier et Joseph Breham, avocats des plaignants.Selon leur plainte, l'association et sa responsable laissaient ainsi penser aux parents adoptifs et à la justice française, via des déclarations viciées, que les parents biologiques consentaient à abandonner ces enfants.Ils permettaient ainsi le prononcé par les tribunaux français d'adoptions plénières alors même que, selon les plaignants, des juridictions maliennes n'avaient autorisé que des adoptions temporaires, conformément à une disposition prévue dans la loi malienne sous le nom "d'adoption-protection".Les parents biologiques, souvent de condition très modeste, pensaient donc que ces adoptions ne dureraient que le temps des études de leurs enfants, et que ceux-ci reviendraient par la suite.Au bout de quelques mois ou années, poursuit la plainte, ils perdaient tout contact avec leur enfant.Dans d'autres cas, l'enfant était directement présenté comme abandonné à la justice malienne, qui prononçait son adoption pleine, confirmée ensuite par la justice française.Des soupçons autour de cette association, d'une autre de ses antennes locales et d'ex-collaborateurs de Danielle B. avaient déjà été relayés par des médias maliens dans les années 1990.D'autres plaintes venant d'autres enfants adoptés pourraient suivre, a indiqué mercredi à l'AFP Me Breham.Sur son site internet, RSEE "réfute toute participation à quel titre que ce soit à un trafic d'être humain, et tient à la disposition de la justice l'ensemble des documents et pièces relatives à ces adoptions".