Nigeria: 45 villageois tués dans le centre du pays, des éleveurs suspectés

15 mars 2015 à 17h20 par La rédaction

Kano (Nigeria) (AFP)

Au moins 45 villageois ont été abattus dimanche lors d'un raid mené à l'aube dans un village de l'Etat nigérian de Bénoué, au sud d'Abuja, par des hommes soupçonnés d'être des éleveurs, a-t-on appris auprès d'un porte-parole de la police et d'un parlementaire.

Au Nigeria, des violences communautaires opposent régulièrement éleveurs fulani (peuls) et agriculteurs.

"Quarante-cinq personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées ce matin lors d'une attaque sur le village d'Egba...dans l'Etat de Bénoué, vraisemblablement par des éleveurs", a dit à l'AFP le porte-parole de la police de l'Etat, Austin Ezeani.

"Plusieurs autres personnes ont été blessées dans cette attaque à la machette et à l'arme à feu", a-t-il ajouté.

Un député local, Audu Sule, évoquait quant à lui un bilan d'environ 50 morts.

"Autour de 50 personnes ont été tuées dans le village d'Egba qui fait partie de ma circonscription lors d'un raid mené à l'aube", a-t-il témoigné auprès de l'AFP.Les agresseurs sont venus en grand nombre, tous armés de fusils AK47 (des kalachnikovs, ndlr)".

Il a également confirmé que des femmes et des enfants avaient été pris pour cibles.

Des centaines de personnes sont tuées chaque année au Nigeria lors d'attaques et de représailles opposants les éleveurs fulani aux fermiers.

En avril 2014, une attaque de ce type attribuée à des éleveurs fulani avait fait plus de 79 morts dans le nord du Nigeria.Un chef communautaire avait même évoqué 120 corps enterrés.

Depuis plus d'une décennie, les affrontements sur des questions liées à la terre sont fréquents entre éleveurs de bétail musulmans fulani et communautés chrétiennes, notamment dans le centre du Nigeria, pays divisé entre un nord à majorité musulmane et un sud à majorité chrétienne. 

Les violences entre communautés d'agriculteurs et d'éleveurs auraient fait 10.000 morts en vingt ans dans le centre du Nigeria, selon les estimations d'organisations de défense des droits de l'Homme, notamment Human Rights Watch.

Les chefs peuls se plaignent depuis des années de la perte de terres d'élevage, ce qui nourrit leur hostilité vis-à-vis de leurs voisins agriculteurs.

Ils se disent victimes d'une discrimination systématique.Les conflits diffèrent toutefois d'un Etat à l'autre, avec souvent un aspect religieux, surtout dans les régions où les fermiers sont majoritairement chrétiens.