Nigeria: il n'y aura pas de nouveau report des élections

Par La rédaction

Abuja (AFP)

Les élections présidentielle et parlementaires au Nigeria ne seront pas à nouveau reportées au-delà du 28 mars, a déclaré lundi le conseiller à la sécurité du président, Sambo Dasuki, à l'initiative d'un premier report de six semaines de ces scrutins.

La date des scrutins, intialement prévue le 14 février et reportée samedi, "ne sera pas changée à nouveau", a déclaré M. Dasuki à l'AFP.

M. Dasuki avait été le premier à réclamer le report des élections, estimant que les forces de sécurité, mobilisées contre le groupe islamiste armé Boko Haram dans le Nord-Est, ne pourraient pas assurer la sécurité des électeurs sur l'intégralité du territoire.

Son argument avait été très critiqué, notamment parce que l'armée n'est pas censée être garante de la sécurité des élections au Nigeria.Les soldats ne sont censés intervenir qu'en renfort de la police en cas de débordements. 

Lors d'un entretien accordé lundi à l'AFP, M. Dasuki a déclaré que les élections ont finalement été reportées pour s'assurer que les habitants du Nord-Est, où Boko Haram s'est emparé de pans entiers de territoires, puissent se rendre aux urnes en toute sécurité.

Selon l'opposition et plusieurs observateurs, l'administration du président Goodluck Jonathan a poussé pour un report du scrutin afin d'avoir le temps de donner un coup de fouet à la campagne du président sortant, candidat à sa réélection, en perte de vitesse par rapport à son principal adversaire, l'ex-dictateur militaire Muhammadu Buhari.

M. Dasuki a rejeté ces motivations politiques.

"Tout le monde n'agit pas pour des raisons égoïstes.Certains d'entre nous ont une conscience", a-t-il déclaré.

De plus, le report du scrutin pourrait favoriser le Congrès progressiste (APC, opposition), a-t-il avancé, puisque, si le Nord-Est est plus sûr, il y aura un meilleur taux de participation dans ce fief de l'APC.

Selon M. Dasuki, l'opération militaire en cours dans cette région, à laquelle participent les pays voisins du Nigeria, pourrait marquer un tournant décisif dans la lutte contre Boko Haram.

L'armée nigériane a souvent été critiquée pour son inefficacité dans la lutte contre le groupe islamiste, dont l'insurrection dure depuis six ans.