Nigeria: le chef de la police limogé après une vague d'attentats

Par La rédaction

ABUJA (AFP) - (AFP)

Le président du Nigeria Goodluck Jonathan a limogé mercredi le chef de la police Hafiz Ringim alors que le pays est secoué depuis plusieurs mois par des attentats meurtriers attribués à la secte islamiste Boko Haram, a annoncé la présidence.

Le chef de l'Etat "a accepté la nomination de M. Mohammed D. Abubakar en tant qu'Inspecteur général de la police intérimaire, un premier pas vers la réorganisation de la police afin de la rendre plus efficace et capable de faire face à des défis sécuritaires internes émergents", selon un communiqué.

M. Abubakar était jusqu'alors n°2 de la police.Le départ de M. Ringim "prend effet aujourd'hui, le 25 janvier", précise la présidence.

Le président a également créé un "comité spécial" chargé de superviser "la réorganisation urgente" de la police.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique et également premier producteur de pétrole du continent, fait face à une multiplication d'attaques revendiquées par Boko Haram.

Vendredi, le groupe a mené une série d'assauts coordonnés à Kano, la deuxième ville du pays, qui ont fait au moins 185 morts.Boko Haram a également revendiqué une vague d'attentats perpétrés le jour de Noël visant en particulier des églises, faisant 49 morts.

Il s'est aussi attribué la responsabilité de l'attentat suicide d'août 2011 contre le siège des Nations unies à Abuja (25 morts).

Les autorités se sont jusqu'à présent montrées incapables de mettre fin à ce cycle de terreur qui a fait naître la crainte de violences entre musulmans, plus nombreux dans le nord, et chrétiens, majoritaires dans le sud.Certains vont jusqu'à évoquer le risque d'une guerre civile.

La police a en outre été humiliée la semaine dernière après l'évasion du principal suspect dans l'attentat le plus meurtrier du jour de Noël, au lendemain de son arrestation.

Mardi, Amnesty International avait souligné le manque d'entrainement et d'équipement de la police nigériane, dans un communiqué condamnant les attaques de Kano et appelant les autorités à faire davantage pour protéger la population.