Nord du Mali: l'Afrique de l'Ouest se réunit le 17 septembre à Abidjan

Par La rédaction

ABIDJAN (AFP) - (AFP)

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest organise le 17 septembre à Abidjan une réunion extraordinaire, consacrée à la situation au Mali dont le Nord est aux mains d'islamistes armés, a-t-on appris lundi auprès de la présidence ivoirienne, présidente en exercice de la Cédéao.

Cette réunion, qui se tient au niveau des ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l'Intégration africaine, précédée d'une réunion des chefs d'état-major, sera la première depuis la demande formelle d'aide adressée à l'Afrique de l'Ouest par les autorités de transition au Mali.

Les pays de la Cédéao tiennent 3.300 militaires à la disposition du gouvernement du Mali pour l'aider à reprendre le contrôle du Nord occupé depuis cinq mois par des groupes islamistes lourdement armés.

Le Mali a toutefois indiqué qu'il ne voulait pas que des troupes étrangères soient déployées sur son territoire pour combattre les islamistes, mais qu'il souhaitait un soutien logistique de la part de ses voisins ainsi qu'une participation au maintien de l'ordre, une fois les villes du Nord reconquises.

Sur le plan militaire, les chefs d'état-major de la Cédéao devront revoir leurs projets initiaux.Lors de leur précédente réunion, le 13 août à Bamako, ils avaient prévu une action en deux phases, dont la première consistait à sécuriser à Bamako le régime de transition, selon un document interne consulté par l'AFP.

Mais dans sa demande d'aide adressée à la Cédéao, le président malien de transition, Dioncounda Traoré, prend soin de préciser que "le déploiement de forces militaires combattantes est sans objet" à Bamako, conformément au voeu exprimé à plusieurs reprises par l'armée et l'ex-junte militaire.

Dioncounda Traoré demande à l'Afrique de l'Ouest "un soutien et un appui aériens", des renseignements, une aide logistique et l'envoi de cinq bataillons "à engager graduellement dans le contrôle des villes reconquises", sans participation aux combats préalables.

Le Mali était considéré comme l'une des démocraties les plus stables de la région jusqu'à ce que le coup d'Etat qui a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré le plonge dans le chaos.

Mettant à profit les événements, des extrémistes alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) se sont emparés des principales localités du nord.

Kidal, Gao et Tombouctou, les trois régions administratives composant le Nord du Mali, sont tombées il y a cinq mois aux mains du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et d'autres groupes armés, dont des rebelles touareg et jihadistes liés à Al-Qaïda.Les islamistes ont ensuite évincé leurs ex-alliés touareg et contrôlent désormais totalement le Nord.

Ils ont depuis imposé dans la vaste zone qu'ils contrôlent une stricte application de la charia, la loi islamique, tandis que les autorités intérimaires à Bamako et des médiateurs ouest-africains étudiaient les moyens de résoudre la crise.

Le 1er septembre, le Mujao s'est emparé sans combat de la ville stratégique de Douentza, dans le centre du pays.

En huit mois, la crise a provoqué près de 443.000 déplacés internes et réfugiés, selon l'ONU.