Otages du Niger: Vincent Delory n'est pas décédé à cause des tirs

24 mars 2011 à 13h09 par La rédaction

LILLE (AFP)

Vincent Delory, l'un des deux Français tués au Niger après avoir été enlevé, n'est pas décédé suite à des tirs de balles, a affirmé jeudi à Lille l'avocat de la famille Delory, Me Franck Berton, ajoutant que pour l'instant les causes exactes de sa mort n'étaient pas établies.

"En l'état actuel de la procédure, on ne sait toujours pas de quoi Vincent est décédé.La seule certitude que l'on a aujourd'hui, c'est qu'il n'est pas décédé par balles", a déclaré Me Berton, lors d'une conférence de presse, en présence de la soeur de la victime, Annabelle Delory.

Vincent Delory et Antoine de Léocour avaient été enlevés le 7 janvier à Niamey au Niger par des membres d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et tués lors d'un assaut donné le 8 janvier au Mali.Les autorités françaises avaient rapidement rapporté qu'Antoine de Léocour avait été exécuté par ses ravisseurs d'un tir "à bout touchant" mais il y avait un doute concernant Vincent Delory.

Le corps de ce dernier avait été retrouvé en partie carbonisé et présentait plusieurs impacts de balles.

Le parquet de Paris a affirmé mercredi que les expertises visant à déterminer les causes de la mort étaient toujours en cours et n'avaient pas permis d'aboutir à "des conclusions définitives".

"Le déplacement au Mali a permis des avancées, mais aujourd'hui on n'a toujours aucune certitude sur le déroulement des faits", a ajouté Franck Berton, précisant que la "procédure d'enquête du parquet de Paris est réalisée en totale transparence" vis à vis de la famille.

Une copie de la procédure et des analyses déjà effectuées lui a été remis le 18 mars.

"On veut aller jusqu'au bout pour essayer de comprendre comment se sont déroulés les derniers instants de mon frère.C'est important pour nous de savoir.C'est difficile pour nous de rester avec tous ces doutes.Comme on ne sait pas, forcément on imagine le pire", a déclaré Annabelle Delory.

"Ce n'est pas une volonté de rechercher un coupable (qui nous anime), on a juste besoin de comprendre", a-t-elle expliqué, refusant de se prononcer sur la légitimité de l'intervention française pour tenter de libérer les otages.

"Aujourd'hui, l'enquête est transparente, ça avance dans le bons sens.On veut rester confiants.Mais il faut aussi qu'on se prépare à ne peut-être jamais savoir ce qui s'est passé", a-t-elle ajouté.