Ouganda: une nouvelle taxe internet suscite la colère de l'opposition

2 juillet 2021 à 12h26 par AFP

AFRICA RADIO

Les internautes ougandais sont frappés depuis jeudi par une nouvelle taxe sur les données mobiles, dénoncée par le leader de l'opposition Bobi Wine comme une nouvelle attaque du gouvernement contre la liberté d'expression.


Cette taxe consiste en un impôt indirect de 12% sur les données mobiles, qui fait grimper les coûts internet déjà exorbitants dans le pays.Elle vise à faire augmenter les ressources des services publics et remplace une taxe sur les réseaux sociaux très contestée, datant de 2018, a déclaré vendredi à l'AFP le ministre d'Etat aux Finances et à la Planification, Amos Lugoloobi. "Le nouveau mécanisme doit aider le gouvernement à atteindre son objectif principal d'industrialisation pour une croissance inclusive, la création d'emplois et de richesses", a-t-il déclaré.Le chef de l'opposition Bobi Wine, qui avait mené les manifestations de 2018 contre la précédente taxe, a estimé sur Twitter que "la liberté d'expression est à nouveau attaquée, sous une nouvelle forme"."Nous ne devons jamais cesser de protester contre ces stratagèmes d'un régime paranoïaque et cupide", a affirmé le chanteur, candidat malheureux face au président Yoweri Museveni à l'élection de janvier.La nouvelle taxe ne doit pas s'appliquer sur les données mobiles achetées à des fins médicales, éducatives ou de recherche, mais son application reste encore floue.Moses Serwanga, consultant en communication et avocat de défense des droits humains, estime qu'elle entrave le droit constitutionnel d'accès à l'information."Avec le confinement national actuel, de nombreux étudiants reçoivent du matériel pédagogique, des cours par internet. Avec cette taxe de 12%, ça leur revient très cher", a déclaré M. Serwanga. Une internaute, Mary Ruth Akol, a expliqué à l'AFP avoir renoncé se connecter, faute de pouvoir payer le coût des données avec ces nouveaux frais. "Nous sommes encouragés à rester à la maison mais sans internet, c'est une mauvaise situation", a-t-elle déclaré.Alors que le pays connaît une spectaculaire flambée de coronavirus, le président Museveni a gelé les transports et imposé un couvre-feu strict à travers ce pays de 45 millions d'habitants.Une taxe instaurée en 2018 prévoyait que les utilisateurs des réseaux sociaux s'acquittent d'une taxe quotidienne de 200 shillings par jour (0,04 euros) pour accéder aux réseaux sociaux comme WhatsApp, Facebook et Twitter.Cette taxe a déclenché un tollé. Des milliers de manifestants étaient descendus dans la rue, faisant face à la police anti-émeute. La plupart des internautes se sont tournés vers les réseaux privés virtuels (VPN) pour dissimuler leur emplacement et contourner la taxe.Mais les VPN ne seront pas efficaces cette fois-ci car les frais seront intégrés au coût des données, a averti Moses Serwanga. L'Ouganda compte quelque 18,8 millions d'internautes, selon les données de décembre 2020 du régulateur des communications.str-ho/txw/sva/cl