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Plainte déposée en France pour "détention arbitraire" au Gabon de l'ex-bras droit d'Ali Bongo

21 janvier 2020 à 15h52 Par AFP
Les avocats des frères franco-gabonais Brice et Gregory Laccruche, incarcérés à Libreville pour détournements de fonds publics, ont annoncé avoir déposé plainte mardi à Paris pour "détention arbitraire" et "violences volontaires" notamment. L'ancien directeur de cabinet du président gabonais Ali Bongo, Brice Laccruche Alihanga, 39 ans, a été incarcéré à Libreville mi-décembre pour détournements de fonds publics. Son frère Gregory, 34 ans, l'est depuis début décembre, pour le même motif.Le Gabon s'est lancé début novembre dans une vaste opération anticorruption visant l'ancien homme fort de la présidence, Brice Laccruche. Baptisée "Scorpion", cette opération a mené à l'incarcération d'une vingtaine de ses proches, dont quatre anciens ministres et l'ex-porte parole de la présidence."Les conditions de cette opération sont constitutives d'une détention arbitraire au sens du Code pénal français en raison du non-respect des règles de droit gabonais: aucun accès au dossier, dépassement des délais normaux de garde à vue, pas de débat avant l'incarcération", ont dénoncé dans un communiqué les avocats Dominique Inchauspé, du barreau de Paris, et Anges Kevin Nzigou, du barreau du Gabon."Le tribunal de Paris est compétent car MM. Brice et Gregory Laccruche sont de nationalité française", ont souligné les avocats dans leur communiqué.Une plainte contre X a été déposée par les avocats des frères Laccruche devant le tribunal de Paris "pour détention arbitraire, violences volontaires et menaces de mort".Au Gabon, le détournement de fonds publics par une personne exerçant une fonction publique est un délit passible de vingt ans d'emprisonnement et de 100 millions de francs CFA d'amende (153.000 euros).Brice Laccruche avait été nommé il y a plus de deux ans à la tête du cabinet d'Ali Bongo Ondimba, mais alors que le chef de l'Etat se remettait de l'AVC qui l'a frappé en octobre 2018, il était devenu ces derniers mois le véritable homme fort du Gabon. Il avait fait nommer nombre de ses proches ministres ou à la tête d'institutions ou entreprises publiques, ou des services de sécurité.Ces dernières semaines, le président Ali Bongo, 60 ans, a multiplié les apparitions publiques, manifestement en meilleure forme, après être longtemps resté absent de la scène médiatique.Début décembre, il a nommé son fils Noureddin Bongo Valentin, 28 ans, "coordinateur général des Affaires présidentielles" afin de l'épauler dans sa mission.