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Présidentielle en Côte d'Ivoire: investi Bédié appelle à l'union de l'opposition

12 septembre 2020 à 20h01 Par AFP
L'ex-président Henri Konan Bédié, 86 ans, officiellement investi samedi à Yamoussoukro( centre) candidat de son parti, a appelé à une union de l'opposition pour la présidentielle du 31 octobre en Côte d'Ivoire lors d'un meeting qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de militants.

"J'invite toutes les formations politiques et les plateformes politiques, qui le désirent, à soutenir ma candidature à l'élection présidentielle du 31 Octobre 2020" a déclaré le chef du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, principal parti d'opposition ivoirien), sanglé dans une chemise pagne verte, encadré par son épouse et Maurice Kakou Guikahué, numéro deux du parti, M. Bédié. - gouvernement d'ouverture

"Je vais avec l'opposition remporter cette élection présidentielle afin de réussir une mission de salut public pour le bonheur de tous, en particulier des jeunes, filles et garçons des nouvelles générations" a poursuivi M. Bédié devant une foule en liesse, agitant des petits drapeaux à son effigie, dans la capitale politique ivoirienne, ville natale de Félix Houphouët-Boigny, président de la république de 1960 à 1993 et fondateur du parti.

"Je m'engage dès mon accession à la magistrature suprême, à mettre en place un Gouvernement de large ouverture, fédérant toutes les formations politiques et les forces sociales qui le désirent et à prendre des mesures concrètes et immédiates pour le retour sans condition de tous les exilés, la libération des tous les prisonniers politiques civils et militaires de la crise post-électorale de 2010 jusqu'à nos jours" a-t-il promis.

"Soyons déterminés et engagées car la victoire à cette élection est à notre portée" a-t-il lancé aux responsables des autres formations politiques présentes avec des délégations.Parmi elles, des membres du Front populaire ivoirien (FPI) de l'ex-président Laurent Gbagbo et de Générations et peuples solidaires (GPS), de l'ex-chef rebelle et ancien Premier ministre Guillaume Soro.

Ces deux poids-lourds, qui sont à l'étranger, ont vu des proches déposer leurs candidatures respectives à la présidence mais celles-ci devraient être invalidées par le Conseil constitutionnel en raison de condamnations par la justice ivoirienne, selon des sources judiciaires. Le Conseil devrait publier la liste de candidatures validées cette semaine. Autre délégation présente, celle du Lider de l'ancien président de l'Assemblée nationale Mamadou Koulibaly, également candidat.

"Convaincus que l'union fait la force, nous voulons appeler ici et maintenant à une union de l'opposition politique (...) Le moment est venu pour toute l'opposition politique de Côte d'Ivoire de faire front devant tant de dérives qui sont en train de conduire le peuple ivoirien tout droit dans le mur" a déclaré Monique Gbékia, présidente de Lider, sur l'estrade, recueillant des applaudissements.

"C'est un grand jour pour nous qui va permettre de déterminer toute la campagne à venir qui doit nous assurer une victoire certaine" s'est félicité le secrétaire exécutif chargé de la communication du PDCI Jean-Louis Billon.

M. Bédié ambitionne de revenir au pouvoir plus de vingt ans après avoir été renversé par un coup d'Etat qui a mis fin à sa présidence (1993-1999).

Il retrouvera comme en 2010 au premier tour le président Alassane Ouattara, avec qui il avait scellé une alliance jusqu'à leur divorce en 2018.M. Bédié a estimé que cette candidature était "une violation" par le président Ouattara "de la Constitution". Comme la précédente, la Constitution de 2016 limite à deux les mandats présidentiels.

Mais les partisans de M. Ouattara affirment que le changement de Constitution a remis le compteur à zéro.L'annonce de la candidature de M. Ouattara a provoqué des manifestations qui ont dégénéré en violences ayant fait une quinzaine de morts en août.

La crainte de violences encore plus meurtrières, à l'approche du scrutin du 31 octobre, est forte, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3.000 morts après le refus du président Gbagbo de reconnaitre sa défaite face à Alassane Ouattara.