Rapt d'un avocat français: la partie civile accuse Abidjan de "blocage"

7 octobre 2010 à 18h18 par La rédaction

ABIDJAN (AFP)

Me Jean-René Farthouat, représentant l'Ordre des avocats du barreau de Paris dans l'affaire du rapt d'un avocat parisien à Abidjan en 2004, a accusé jeudi la justice ivoirienne de "bloquer" l'enquête française, qui vise des "gardes du corps" du président Laurent Gbagbo.

Le juge français Patrick Ramaël, en charge du dossier et à Abidjan depuis dimanche soir, "avait fait tout le nécessaire pour qu'on puisse exécuter la commission rogatoire internationale", a déclaré à l'AFP Me Farthouat.

Mais "on l'a empêché de procéder à cette commission rogatoire dont l'objet était de confronter Xavier Ghelber", l'avocat brièvement enlevé en novembre 2004, à "quatre personnes identifiées" comme des "gardes du corps" de M. Gbagbo, a-t-il poursuivi.

Ce "blocage" a des "raisons purement politiques", a-t-il affirmé, qualifiant de "prétextes" les explications données par la justice ivoirienne.

"Il n'y a pas de blocage", a répliqué le procureur d'Abidjan, Raymond Tchimou.Le juge ivoirien "qui instruit le dossier est actuellement absent.On a entendu des officiers dans le passé, ce n'est pas leurs subalternes qui posent problème", a-t-il dit à l'AFP.

"Le juge Ramaël débarque ici au mépris du respect de la courtoisie entre magistrats" et "joue au shérif comme dans un film western", a-t-il lancé.

Me Xavier Ghelber, avocat parisien en mission d'audit sur la filière cacao pour le compte de l'Union européenne, avait été enlevé par des hommes en armes le 7 novembre 2004 au petit matin à l'hôtel Ivoire d'Abidjan.

Il a affirmé avoir été conduit par le commando à la résidence du président Gbagbo avant d'être remis à des gendarmes ivoiriens puis libéré et évacué par les soldats français.

Selon une source proche du dossier, le magistrat français prévoyait également, en faisant ce déplacement, de poursuivre son enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer le 16 avril 2004, qui vise des cercles proches du pouvoir.M. Gbagbo avait dénoncé une "politisation" de la justice.