RDC: Albert Yuma, la réélection contestée du "patron des patrons" proche de Kabila

1er décembre 2020 à 17h58 par AFP

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Et encore une crise en République démocratique du Congo: la reconduction de l'homme d'affaires Albert Yuma à la tête du syndicat des patrons a provoqué un bras de fer avec la justice administrative, sur fond de tensions politiques au sommet de l'État.

L'affaire s'est jouée en trois temps. Jeudi, M. Yuma, proche de l'ancien président Joseph Kabila, a été réélu pour un sixième mandat de trois ans à la tête de la Fédération des entreprises du Congo (FEC).M. Yuma, 65 ans, était seul en lice. Deux autres candidatures n'avaient pas été retenues.En poste depuis 2005, M. Yuma est le président du Conseil d'administration de la société publique minière Gécamines.L'industriel est connu pour ses diatribes contre les ONG étrangères comme Global Witness. Celles-ci ont avancé en 2017 que 750 millions de dollars avaient été détournés des caisses de la Gécamines à la fin des années Kabila (2001-2019).Coup de théâtre vendredi: la réélection du tout-puissant "patron des patrons" est annulée par le Conseil d'État, saisi par l'un des candidats écartés, Dieudonné Kasembo.Acte trois lundi: la FEC refuse de se plier à la décision du Conseil d'État, qui demande de nouvelles élections à bulletins secrets."L'époque des candidats uniques étant révolue, les responsables de la FEC doivent se soumettre à la décision judiciaire qui invalide l'élection irrégulière d'Albert Yuma", a réagi mardi dans une déclaration à l'AFP Jonas Tshiombela, de l'organisation Forum pour la bonne gouvernance et coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise.M. Yuma, reçu par le président Félix Tshisekedi lors des "consultations" que le chef de l'État a menées du 2 au 25 novembre, l'avait invité à privilégier la stabilité politique dans le pays pour attirer des investissements.La RDC vit désormais dans l'attente des annonces de M. Tshisekedi pour sortir de la crise au sein de la coalition au pouvoir.Les dirigeants de son parti l'invitent à "tourner la page" de la coalition, donc de rompre l'accord secret signé avec son prédécesseur Joseph Kabila en janvier 2019.