RDC : des militants interpellés à Goma et à Kinshasa

Par AFP

AFRICA RADIO

Une vingtaine d'activistes du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) ont été arrêtés lors d'une manifestation mercredi à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, tandis qu'une trentaine d'autres militants ont été interpellés à Kinshasa, selon l'organisation.

"Au moins 20 personnes sauvagement massacrées dans la ville de #Goma depuis le début de l'année. Ce matin, nous avons organisé une marche pacifique pour dénoncer la léthargie des autorités. Une vingtaine de manifestants viennent d'être arrêtés par la police devant le Gouvernorat", écrit Lucha sur Twitter."La marche pacifique était partie du foyer de ces tueries à Bugamba/Ndosho pour se diriger au bureau du gouverneur", indique le mouvement congolais, ajoutant que le président Félix Tshisekedi "devrait rappeler immédiatement Julien Paluku (gouverneur du Nord-Kivu) à l'ordre."Un journaliste congolais, Justin Kabumba, qui couvrait la manifestation a affirmé avoir également été interpellé avant d'être libéré.La "marche n'avait pas été autorisée" et a "troublé l'ordre public", a déclaré à l'AFP Timothée Muissa Kiense, maire de Goma, la capitale de la province troublée du Nord-Kivu. A Kinshasa, "une trentaine des militants des différents mouvements citoyens ont été interpellés par la police avant d'être libérés", a déclaré à l'AFP Stéphie Mukinzi, un porte-parole de Lucha dans la capitale.La manifestation de Kinshasa avait pour objectif de "demander des poursuites judiciaires contre l'ancien président Joseph Kabila et son clan", a-t-il expliqué."Nous pensons qu'il (M. Kabila) a commis beaucoup de forfaits qui ne doivent pas restés impunis. Nous demandons aussi que toutes les victimes des répressions sous le régime Kabila soient indemnisées et toutes les violations réparées", a-t-il ajouté. Investi le 24 janvier, le nouveau président congolais Félix Tshisekedi a fait de l'instauration de l'État de droit et du respect des libertés fondamentales l'une de ses priorités. Depuis sa prise de fonction, les différentes manifestations de mouvements citoyens ou d'opposition se sont déroulées sans entrave.M. Tshisekedi succède à M. Kabila qui a dirigé la RDC de 2001 à 2018. Les manifestations anti-pouvoir étaient systématiquement interdites ou réprimées durant les trois dernières années de son règne.