RDC : deux morts dans des violences intercommunautaires à Goma

Par AFP

AFRICA RADIO

Des violences ont éclaté lundi à Goma, dans l'Est de la République démocratique du Congo, entre membres de deux communautés après la mort de deux personnes en marge des manifestations contre les massacres des civils dans la région, a-t-on appris de sources concordantes.

Des groupes de pression et mouvements citoyens ont lancé le 5 avril un appel à manifester pendant dix jours pour dénoncer l'inaction de la Mission des nations unies au Congo (Monusco) face aux massacres des civils dans le territoire de Beni, dans le nord-est de la province du Nord-Kivu."Deux civils" membres de la communauté Kumu ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi à Goma, capitale du Nord-Kivu, a déclaré à l'AFP le maire, Juvénal Ndabereye.Les violences ont éclaté dans les quartiers périphériques de Goma et dans le territoire de Nyiragongo, au nord de la ville après qu'"un motard de Kibumba a été tué dans la nuit", a déclaré de son côté à la presse le gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu.Un correspondant de l'AFP a vu deux corps ensanglantés par terre et des habitations incendiées à Majengo, un quartier périphérique, épicentre des violences.M. Nzanzu a invité les jeunes du Nord-Kivu "à la sérénité, au calme" et a promis de décréter "la ville sans marche jusqu'à nouvel ordre" afin d'"arrêter toutes les manifestations, même celles dites pacifiques"."Nous dénonçons les violences entre civils à la suite de la mort de deux jeunes tués par la police à Buhene en territoire de Nyiragongo", écrit le mouvement Lutte pour le changement (Lucha), un des organisateurs du mouvement de protestation.Les Kumus, une des communautés du Nord-Kivu, ont imputé ces heurts à la communauté Nande, majoritaire à Beni et Butembo, où l'appel à manifester contre les violences est le plus suivi.Un civil a été tué par balle vendredi à Butembo lors de la répression d'une de ces marches contre les violences attribuées à des présumés membres du groupe armé Forces démocratiques alliées, un groupe armé musulman d'origine ougandaise présent en RDC depuis 1995.Le territoire de Beni est le théâtre de violences qui ont fait plus de 6.000 morts depuis 2013, selon l'Église catholique.Les organisateurs exigent le départ de la Monusco qui compte actuellement environ 15.000 militaires et policiers.