RDC: l'armée lance d'une offensive contre les rebelles rwandais

Par La rédaction

Beni (RD Congo) (AFP)

L'armée congolaise a annoncé jeudi le lancement d'une offensive contre les rebelles hutu rwandais dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), planifiée par elle seule et non conjointement avec les Nations unies, comme prévu.

"Nous lançons ce jour de nouvelles opérations contre les FDLR" (Forces démocratiques de libération du Rwanda), a déclaré à la presse le général d'armée Didier Etumba à Beni, dans le nord de la province du Nord-Kivu, déchirée par les conflits armés depuis plus de 20 ans.

"C'est une opération des FARDC" (Forces armées de la RDC), a ajouté le général Etumba, "ce sont les FARDC qui ont fait le plan".

"Ce n'est pas une opération conjointe FARDC-Monusco, tout a été planifié par les FARDC", a confirmé le général de corps d'armée brésilien Carlos Alberto dos Santos Cruz, commandant de la Force militaire de la Mission de l'ONU au Congo (Monusco).

Le gouvernement congolais et la communauté internationale avaient donné jusqu'au 2 janvier aux FDLR pour déposer les armes et se rendre, faute de quoi ils s'exposeraient à un désarmement forcé.

Le groupe rebelle n'a pas répondu à cette injonction.Le président congolais Joseph Kabila était sous forte pression internationale depuis plusieurs semaines pour donner son feu vert au plan d'opération conjoint établi par les FARDC et la Monusco.

Mais selon une source militaire, le chef de l'Etat n'a pas signé l'ordre d'attaquer conformément à ce plan.

L'annonce de l'offensive survient à la veille d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine, où la question de la stabilisation de l'est de la RDC sera abordée.

Plusieurs experts et diplomates doutent de la détermination de Kinshasa à lutter contre les FDLR, opposées au régime du président rwandais Paul Kagame.

Plusieurs chefs des FDLR sont accusés d'avoir participé au génocide de 1994 contre les Tutsi au Rwanda et sont recherchés par la justice internationale et par Kigali.