RDC: poursuite des combats entre armée et mutins près du Rwanda et de l'Ouganda

11 mai 2012 à 9h32 par La rédaction


GOMA (RDCongo) (AFP) - (AFP)

Les combats qui ont éclaté dans la nuit de jeudi entre l'armée et des mutins ex-rebelles se poursuivaient vendredi matin dans la province instable du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC, près de la frontière avec le Rwanda et l'Ouganda, a-t-on appris de sources concordantes.

"Les affrontements se poursuivent à Bunagana.Nous sommes à 6km de la cité de Bunagana", ont déclaré à l'AFP des mutins, ex-membres de l'ancienne rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrée en 2009 dans l'armée à la faveur d'un accord de paix signé avec Kinshasa.

"La situation est mauvaise.Les mutins sont près de la cité de Bunagana.Les habitants qui avaient passé la nuit à Bunagana son partis ce matin en Ouganda", a confirmé à l'AFP un agent des services de renseignements du gouvernement congolais, basé à dans cette localité proche de la frontière ougandaise.

"Nous sommes toujours en Ouganda, il n'y a pas moyen qu'on rentre parce qu'il y a des affrontements.On entend toujours des tirs à l'armée lourde", a expliqué un habitant qui a fui dès jeudi soir en Ouganda avec sa femme et ses enfants, qui sont "traumatisés".

Les mutins interrogés se réclament du Mouvement du 23 mars (M23), un nouveau groupe militaire d'ex-CNDP revendiquant la pleine application des accords de 2009 et dirigé par le colonel Sultani Makenga, qui a déserté le 4 mai avec plusieurs dizaines d'hommes et regagné le territoire de Rutshuru, frontalier de l'Ouganda et du Rwanda.

Dans la nuit de jeudi, des combats à l'arme lourde ont opposé forces loyalistes et mutins à Runyiony, près de Bunagana ainsi que de Kibumba, une localité à la lisière du parc des Virunga où serait retranché avec ses hommes le général Bosco Ntaganda, ex-chef d'état-major du CNDP.

Connu aussi sous le surnom de "Terminator", le général Ntaganda est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d'enfants soldats, et par le gouvernement congolais qui le juge "responsable" des récents combats entre armée et mutins dans l'est.