Sahara occidental: Bahreïn va ouvrir un consulat

26 novembre 2020 à 19h35 par AFP

AFRICA RADIO

Bahreïn va ouvrir un consulat à Laâyoune, au Sahara occidental, a annoncé jeudi un communiqué du cabinet royal marocain dans un contexte de tensions très fortes dans cette ancienne colonie espagnole au statut toujours indéfini.

L'annonce, qui a été faite par le roi de Bahreïn, Hamad Ben Issa Al Khalifa, lors d'un entretien téléphonique avec le roi marocain Mohamed VI, revient à reconnaitre la légitimité de la présence marocaine dans ce territoire que lui disputent depuis des décennies les indépendantistes du Front Polisario."Le Royaume de Bahreïn va ouvrir un consulat général dans la ville marocaine de Laâyoune, une décision qui fera l'objet de coordination entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays", a dit le roi Hamad cité dans le communiqué.L'agence de presse bahreïnie BNA a indiqué pour sa part que le roi Hamad avait exprimé "le soutien et la solidarité" de son pays avec le Maroc "dans la défense de sa souveraineté et ses droits".Au moins 16 pays ont déjà ouvert des représentations diplomatiques depuis fin 2019 à Laâyoune et à Dakhla, grand port de pêche situé plus au sud, au terme d'efforts intenses de la diplomatie marocaine. La Jordanie avait annoncé la semaine dernière son intention d'ouvrir prochainement un consulat à Laâyoune.Le Maroc, qui contrôle environ les deux-tiers du Sahara occidental, veut une "autonomie sous contrôle" du territoire désertique, alors que le Front Polisario, soutenu par Alger, milite pour l'indépendance et réclame un référendum d'autodétermination.En l'absence d'avancées des négociations politiques menées sous l'égide des Nations unies, Rabat a multiplié ces derniers mois les actions pour asseoir sa position sur le terrain, avec l'ouverture de consulats ou l'organisation d'évènements internationaux au Sahara occidental, provoquant à chaque fois des protestations du Polisario.Le Polisario a récemment décrété "l'état de guerre", mettant fin à un cessez-le-feu vieux de 30 ans, en réaction à une opération militaire marocaine dans une zone-tampon de l'extrême sud pour rétablir le trafic routier coupé par des indépendantistes sahraouis.