Sahara occidental : le Gabon et la Guinée ouvrent à leur tour un consulat

Par AFP

AFRICA RADIO

La Guinée et le Gabon ont inauguré vendredi un consulat général au Sahara occidental, ouvrant ainsi, après les Comores et la Gambie, des représentations diplomatiques étrangères dans la partie contrôlée par le Maroc de cette ancienne colonie espagnole au statut toujours en suspens.

La Guinée a toujours eu une position "claire et positive quant à la question du Sahara marocain", a déclaré le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita à l'occasion de l'inauguration du consulat gambien à Dakhla - un grand port de pêche -, selon un communiqué officiel.Le consulat du Gabon a été inauguré dans la foulée, a déclaré le ministère marocain des Affaires étrangères. M. Bourita a ensuite annoncé que la ville de Laayoune accueillerait le 12 février une "importante réunion" diplomatique de 12 ministres des Affaires étrangères du Pacifique. Cette rencontre consacrée à la coopération avec le Maroc sera "le début de la consécration de cette réalité diplomatique" marquée par l'ouverture des consulats étrangers à Laayoune et Dakhla, a-t-il dit dans un communiqué. L'Algérie, qui soutient le mouvement indépendantiste Front Polisario, avait qualifié de "violation flagrante" du droit international la décision "unilatérale" de la Gambie d'ouvrir une représentation consulaire après son inauguration officielle, le 7 janvier à Dakhla."Cet acte provocateur vise à saper le processus de règlement de la question du Sahara occidental mené sous l'égide des Nations unies" et transgresse le droit "imprescriptible du peuple sahraoui à l'autodétermination", selon un communiqué des Affaires étrangères diffusé la semaine dernière.Les Comores ont ouvert le bal diplomatique en choisissant la ville de Laayoune pour y installer leur consulat général mi-décembre.La question du statut du Sahara occidental, toujours considéré comme un "territoire non autonome" par l'ONU en l'absence d'un règlement définitif, oppose depuis des décennies le Maroc au Front Polisario.Cette vaste étendue désertique située au nord de la Mauritanie est en grande partie contrôlée par le Maroc, qui veut une "autonomie sous contrôle" pour la zone qu'il considère comme partie intégrante de son territoire. Le Front Polisario milite pour l'indépendance et réclame un référendum d'autodétermination. Les discussions pour un règlement politique sont au point mort depuis des décennies, malgré une récente tentative de relance de l'ONU.Après avoir réuni par deux fois le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie à la même table, le représentant spécial de l'ONU Horst Köhler, 76 ans, a quitté son poste en mai dernier pour "raisons de santé". Depuis, personne n'a été nommé à sa place.Déterminé à "protéger ses intérêts suprêmes", le Maroc a préparé deux projets de loi établissant sa compétence juridique sur l'espace maritime couvrant les eaux territoriales "de Tanger à Lagouira", un village côtier de l'extrême sud du Sahara occidental. Le débat sur ces textes a été reporté sine die fin décembre, selon la presse marocaine.