Sahara occidental: le Polisario dit mobiliser des "milliers de volontaires"

15 novembre 2020 à 17h35 par AFP

AFRICA RADIO

Un dirigeant du Front Polisario a affirmé dimanche que le mouvement indépendantiste mobilisait des "milliers de volontaires" pour rejoindre les forces armées sahraouies, au troisième jour de la crise qui l'oppose au Maroc dans le territoire disputé du Sahara occidental.

"Des milliers de volontaires sont en train de rejoindre les régions militaires parmi ceux qui ont fini leur instruction", a déclaré à l'AFP Mohamed Salem Ould Salek, le chef de la diplomatie de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). La RASD a été proclamée en 1976 par les indépendantistes du Polisario."Des centaines d'autres gonflent les rangs des écoles militaires", a ajouté M. Ould Salek.Ce responsable a évoqué des "combats se poursuivant crescendo" le long du mur de défense marocain de 2.700 km qui coupe le Sahara occidental.Il n'a toutefois fourni aucune précision et il était impossible de vérifier de source indépendante la véracité de ces affirmations.Le Maroc a lancé vendredi une opération militaire dans la zone-tampon de Guerguerat afin de rouvrir la route conduisant vers la Mauritanie voisine, après trois semaines de blocage routier. La route a été débloquée samedi.En réaction, le Front Polisario a décrété "l'état de guerre" et la fin du cessez-le-feu signé en 1991 sous l'égide de l'ONU.- "Région stratégique" -Le chef de la diplomatie de l'Union européenne (UE), Josep Borrell, s'est entretenu dimanche avec ses homologues marocain Nasser Bourita et algérien Sabri Boukadoum.Le Haut représentant de l'Union pour les Affaires étrangères a notamment souligné "l'importance primordiale de veiller au respect des accords de cessez-le-feu", selon un communiqué. Le ministre marocain des Affaires étrangères l'a assuré de l'attachement de son pays au respect du cessez-le-feu, est-il précisé.M. Borrell a souhaité une "reprise rapide" des discussions suspendues depuis mars 2019 sous la conduite des Nations unies et d'un nouvel émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental.Le précédent envoyé spécial, l'Allemand Horst Köhler, a démissionné en mai 2019 "pour des raisons de santé" et n'a pas été remplacé.Le diplomate européen a également insisté sur "la préservation de la liberté de circulation et des échanges transfrontaliers" dans la zone de Guerguerat et son impact important sur toute la région du Maghreb et du Sahel, "région d'importance stratégique".Vaste étendue désertique de 266.000 km2 bordant la côte Atlantique au nord de la Mauritanie, le Sahara occidental est le seul territoire du continent africain dont le statut post-colonial n'a pas été réglé.Après le départ de la puissance coloniale espagnole en 1975, le Maroc a pris le contrôle des trois quarts de ce territoire qu'il considère comme partie intégrante du royaume. Soutenu par l'Algérie, le Polisario en contrôle l'autre tiers.Rabat propose une autonomie sous sa souveraineté tandis que le Polisario exige un référendum d'autodétermination prévu par l'accord de 1991 mais qui n'a jamais été mis en oeuvre.La Jordanie, l'Arabie saoudite et les monarchies du Golfe ont apporté leur soutien au Maroc dans la dernière crise, selon des communiqués relayés par l'agence marocaine MAP.