Sénégal: le polémiste "anti-franc CFA" Kemi Séba en attente d'être refoulé (avocat)

Par AFP

AFRICA RADIO

Le polémiste français et militant "anticolonialiste" d'origine béninoise Kémi Séba, qui devait être jugé en appel à Dakar pour avoir brûlé un billet de 5.000 francs CFA (7,6 euros), "attendait" lundi "d'être refoulé" du Sénégal, a-t-on appris auprès de son avocat.

Kémi Séba a été retenu à son arrivée dimanche à l'aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIBD), près de Dakar, et était toujours lundi matin "en zone de transit dans l'attente d'un refoulement", a déclaré à l'AFP son avocat, Cheikh Khouraissi Bâ, sans préciser de destination.L'activiste anti-franc CFA devait comparaître lundi en appel pour "destruction d'un billet de banque", après avoir brûlé 5.000 francs CFA pendant une manifestation contre la "Françafrique" le 19 août 2017 dans la capitale sénégalaise. Il avait été relaxé en première instance mais le parquet avait fait appel.Son avocat à indiqué à l'AFP qu'il allait tenter d'intervenir auprès de la Cour pour qu'elle "ordonne sa comparution".Juste après son premier procès, le gouvernement sénégalais l'avait expulsé vers la France pour "menace grave pour l'ordre public", lui reprochant notamment des "propos désobligeants" contre "des chefs d'Etat et dirigeants africains".Kémi Séba est le fondateur du mouvement Urgences panafricanistes. Militant de la cause noire plusieurs fois condamné en France pour incitation à la haine raciale, Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Capochichi, mène une fronde contre le franc CFA, monnaie garantie par le Trésor français et rattachée à l'euro par une parité fixe. Ces liens sont dénoncés comme une dépendance humiliante vis-à-vis de la France par les détracteurs du franc CFA.L'activiste a régulièrement été interpellé ou expulsé de pays comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal ou la Guinée. La justice burkinabé l'a condamné fin décembre à "deux mois de prison avec sursis" pour "outrage" au président Roch Kaboré et à ses homologues ivorien Alassane Ouattara et nigérien Mahamadou Issoufou.Sept pays francophones d'Afrique de l'Ouest, ainsi que la Guinée-Bissau, qui utilisent le franc CFA, ont annoncé fin décembre leur décision de remplacer leur monnaie commune par l'"Eco" en 2020. Le Nigeria et plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, notamment anglophones, ont toutefois dénoncé en janvier cette réforme, affirmant qu'elle n'était "pas conforme" au programme adopté par l'ensemble de la région pour mettre en place une monnaie unique.