Soudan du Sud: une rencontre pour apaiser les tensions sur le pétrole

30 juin 2013 à 11h54 par La rédaction

Khartoum (AFP)

Le vice-président sud-soudanais, Riek Machar, est arrivé à Khartoum dimanche pour apaiser les tensions après des déclarations du président soudanais Omar el-Béchir menaçant de stopper le transit de pétrole sud-soudanais sur son sol. 

Après son arrivée à l'aéroport de Khartoum, Riek Machar s'est immédiatement rendu dans une salle de conférence sur les rives du Nil bleu pour des discussions à huis clos avec son homologue soudanais, Ali Osman Taha, a indiqué un correspondant de l'AFP.

Les ministres du Pétrole, de l'Intérieur et de la Défense des deux pays étaient également présents.

Une cargaison de pétrole sud-soudanais avait recommencé à être exportée depuis le Soudan il y a près de neuf jours, après une interruption de plus d'un an due à la montée des tensions entre les deux pays, en particulier autour du partage des recettes et du coût du transit.

Un accord signé en mars avait relancé le transit de pétrole en direction du terminal pétrolier de Port-Soudan sur la mer Rouge mais le 8 juin, M. Béchir avait exigé la fermeture de l'oléoduc affirmant que Khartoum ne permettra pas que les revenus pétroliers du Sud "soient utilisés pour soutenir des rebelles contre le Soudan".

Le gouvernement sud-soudanais a toujours démenti toute forme de soutien aux rebelles, ses anciens alliés pendant la guerre civile qui a abouti à la partition du Soudan. Des analyses ont expliqué que M. Béchir avait donné cet ordre après des attaques de rebelles qui avaient humilié les autorités soudanaises. 

L'arrêt précautionneux d'un oléoduc prend plusieurs semaines pour éviter d'endommager l'infrastructure, ce qui laisse le temps aux diplomates pour tenter de résoudre l'impasse dans les relations entre les deux pays. 

Le Soudan du Sud, que des décennies de guerre civile ont dans le passé opposé à Khartoum, a acquis son indépendance en juillet 2011.Ce pays enclavé a hérité de 75% des réserves de pétrole lors de la partition mais dépend encore des infrastructures soudanaises pour exporter le brut.

Le Fond monétaire international (FMI) a estimé en mai que l'économie soudanaise gagnerait près de 380 millions d'euros cette année et plus d'un milliard en 2014 si un accord sur le pétrole était mis en place.Ces chiffres prennent en compte le coût du transit et le manque à gagner des ressources qui reviennent désormais au Soudan du Sud. 

Le gouvernement de Juba qui dit avoir renoncé à 98% de ses recettes budgétaires, en stoppant entre janvier 2012 et avril 2013 sa production de brut, pourrait gagner plusieurs milliards si une entente était trouvée. 

Le pétrole est utilisé comme "moyen de pression et de chantage, au lieu d'être une voie pour la synergie économique", a commenté dimanche l'éditorialiste Mahjoub Mohamed Saleh dans le journal The Citizen.