Swaziland: le gouvernement veut baisser les salaire des fonctionnaires

29 mars 2011 à 12h35 par La rédaction

MBABANE (Swaziland) (AFP)

Le gouvernement du Swaziland a demandé à tous les fonctionnaires d'accepter des baisses de salaires allant de 4,5% à 10% de façon à pouvoir solliciter de nouveaux prêts auprès de bailleurs de fonds internationaux, ont indiqué des syndicats mardi.

Le Fonds monétaire international (FMI) avait exigé que l'Etat réduise sa masse salariale de 5%, tout en recommandant que les salariés touchant moins de 10.000 euros par an ne soient pas affectés.

Mais le gouvernement n'a pas suivi cette dernière recommandation, envisageant des baisses de salaires allant de 4,5% pour ces plus bas revenus à 10% pour ceux qui gagnent plus de 30.000 euros par an, ainsi qu'un gel des traitements pour une durée indéfinie.

Il avait annoncé vendredi qu'il donnerait l'exemple avec une baisse de 10% des salaires des ministres.

Les syndicats ont averti que les réactions des fonctionnaires pourraient être violentes.

"La réponse des travailleurs sera des batailles de rue, si le gouvernement ne change pas d'avis et impose ces baisses de salaires unilatéralement", a indiqué à l'AFP Vincent Dlamini, le secrétaire général de la NAPSAWU, le plus grand syndicat de fonctionnaires swazi.

"C'est la recette pour une révolution.Nos membres ont dit qu'ils n'accepteraient pas les baisses de salaire", a renchéri Muzi Mhlanga, son homologue du syndicat d'enseignants SNAT.

Plusieurs milliers de fonctionnaires avaient déjà manifesté le 18 mars dans les rues de la capitale Mbabane pour protester contre les projets de réduction de leurs salaires.

Le déficit budgétaire du swaziland devrait atteindre 13% du produit intérieur brut (PIB) sur l'année budgétaire 2010-2011, notamment à cause d'une perte de revenus dépendant d'un accord douanier régional, selon le FMI.

La moitié du budget du royaume va aux salaires des 35.000 fonctionnaires.

Un soulèvement populaire contre le roi Mswati III risquerait de se produire le 12 avril, selon des rumeurs véhiculées par le réseau social Facebook.