Syrie: une nouvelle résolution en vue à l'ONU

Par La rédaction

NEW YORK (Nations unies) (AFP) - (AFP)

Les Occidentaux s'apprêtent à déposer à l'ONU un nouveau projet de résolution menaçant la Syrie de sanctions, ont indiqué mercredi des diplomates, au moment où le camp Assad enregistrait une nouvelle défection, celle de son ambassadeur en Irak.

Européens et Américains vont présenter rapidement au Conseil de sécurité une résolution comportant une "menace claire de sanctions" si Damas n'applique pas le plan de paix de Kofi Annan, a indiqué l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant, après que le Conseil eut entendu par vidéoconférence l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe.

Son homologue français Gérard Araud a précisé que le texte serait présenté dans les prochaines heures.Il "ouvrira la possibilité de sanctions", a précisé M. Araud, tandis que l'ambassadrice américaine Susan Rice avertissait qu'il devait y avoir des "conséquences claires en cas de non respect" du plan.

Les diplomates ont précisé qu'il s'agissait de faire pression sur les deux parties en conflit, pouvoir et opposition, mais en priorité sur le gouvernement syrien.Il ont fait valoir que c'est Kofi Annan lui-même qui a demandé au Conseil de faire monter la pression sur Damas après 16 mois de crise.

"Nous devons donner à M. Annan les moyens de faire pression sur les parties afin que dans les jours qui viennent les parties, notamment le gouvernement syrien, mettent enfin en oeuvre" leurs engagements, a ajouté M. Araud.

Parlant lui-même à Genève devant des journalistes, M. Annan, qui a effectué en début de semaine une tournée à Damas, Téhéran et Bagdad, a précisé que l'Iran et l'Irak continuaient à soutenir son plan en six points adopté par le Conseil en avril et non appliqué sur le terrain.

Les Occidentaux jugeaient insuffisant un projet de résolution soumis mardi par la Russie à ses 14 partenaires du Conseil.Ce texte prolonge de trois mois le mandat de la Mission de l'ONU en Syrie (Misnus) mais n'évoque pas la menace de sanctions.

Alors que le conflit en Syrie a fait plus de 17.000 morts, selon une ONG syrienne, la Russie et la Chine ont opposé leur veto à deux reprises à des projets de résolution menaçant de sanctions le régime Assad.

Au moins 52 morts sur le terrain

A Moscou, le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne, a déploré que la Russie campe sur ses positions, après avoir tenté en vain de la pousser à lâcher le régime.

"Je confirme au nom de toute l'opposition populaire syrienne qu'il ne peut pas être question d'un dialogue tant qu'Assad ne sera pas parti.La Russie est d'un autre avis", a déclaré Abdel Basset Sayda, le nouveau chef du CNS, à l'issue de discussions avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui s'est borné à réitérer la position russe, prônant un dialogue politique.

Autre signe d'inflexibilité, la Russie va poursuivre ses livraisons de systèmes de DCA aux forces gouvernementales syriennes.

Autre allié de Damas, Téhéran a appelé Kofi Annan à "empêcher la contrebande d'armes" destinées aux rebelles, qui est selon lui le "principal problème" en Syrie.

A Bagdad, l'ambassadeur de Syrie, Naouaf Fares, a fait défection et ne représente plus désormais le président syrien, a indiqué à l'AFP un diplomate d'un pays arabe en poste dans la capitale irakienne.

La défection de Naouaf Fares, si elle se confirme, porterait un nouveau coup au régime syrien, quelques jours après celle de Manaf Tlass, un général proche du président Assad, qui est contesté par un mouvement réprimé dans le sang depuis près de seize mois.

Sur le terrain, en dépit de la multiplication des initiatives diplomatiques, les violences ne faiblissent pas, faisant encore au moins 52 morts à travers le pays -- 23 civils, 18 soldats et 11 rebelles-- après 82 tués mardi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

 Des accrochages ont opposé à l'aube dans le quartier de Qadam à Damas soldats et rebelles, selon l'OSDH, et à Alep (nord), deuxième ville du pays, de fortes explosions ont été entendues.

L'agence officielle Sana a annoncé le remplacement de cinq gouverneurs, dont ceux de Homs (centre) et de Deir Ezzor (est), deux foyers de la révolte.Ils avaient pris leur poste après le limogeage de leurs prédécesseurs.

Dans le même temps, le régime a poursuivi ses bombardements contre la ville rebelle de Rastane, dans la province de Homs.Une vidéo amateur postée sur Youtube montre le marché de la ville quasiment détruit.Les habitants continuaient néanmoins à acheter des légumes auprès des commerçants."C'est un défi contre la destruction", a assuré le journaliste-citoyen ayant tourné ces images.

Les autorités libanaises ont suspendu l'aide médicale pour les réfugiés syriens installés dans le nord du pays, a indiqué le cabinet du Premier ministre Najib Mikati, suscitant l'inquiétude parmi les organisations aidant les réfugiés.

Le responsable a indiqué que "beaucoup de Syriens venaient au Liban pour des soins, en prétendant qu'ils sont réfugiés, mais ce n'est pas vrai.Ceci provoque une situation de chaos, et le Haut conseil a besoin de temps pour réorganiser son assistance".