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Tanzanie: vives critiques après la décision du gouvernement d'empêcher des plaintes devant la Cour africaine des droits de l'homme

04 décembre 2019 à 15h14 Par AFP
Des militants des droits de l'homme ont dénoncé mercredi la décision de la Tanzanie d'empêcher les particuliers et les ONG de porter directement plainte contre le gouvernement devant la Cour africaine des droits de l'homme. Au début du mois, le gouvernement tanzanien avait annoncé qu'il se retirait d'un protocole autorisant ces plaintes, soulignant qu'il avait été mis en oeuvre "contrairement aux réserves" émises par la Tanzanie.Selon des organisations de défense des droits de l'homme, le régime du président John Magufuli a érodé les libertés et réprime les défenseurs des droits, la presse et l'opposition."Il y a eu des informations négatives sur la situation des droits de l'homme en Tanzanie et cette décision peut être interprétée comme un moyen d'éviter de rectifier la situation", a déclaré Onesmo Ole-Ngurumwa, coordonnateur de la Coalition tanzanienne des défenseurs des droits de l'homme, au cours d'une conférence de presse.La décision du gouvernement "empêche les Tanzaniens d'accéder à la justice devant le tribunal basé à Arusha" (Tanzanie), a déploré Anna Henga, du Centre juridique et des droits de l'homme, durant la même conférence.La Cour africaine des droits de l'homme et des peuples est pleinement opérationnelle depuis 2010, avec des juges de toute l'Union africaine.Seuls huit pays ont ratifié le protocole permettant aux ONG et aux particuliers de porter plainte contre les gouvernements.Le Rwanda s'est retiré du protocole en 2016.Selon Amnesty International, la Tanzanie compte le plus grand nombre d'affaires portées devant la Cour africaine par des particuliers et des ONG. Sur les 70 jugements rendus jusqu'à septembre 2019, 28 concernaient la Tanzanie. L'ONG avait estimé lundi que le retrait de la Tanzanie allait aggraver la répression."C'est une preuve supplémentaire de l'hostilité croissante du gouvernement tanzanien à l'égard des défenseurs des droits de l'homme et des défenseurs des droits humains. Elle sape l'autorité et la légitimité de la Cour africaine et constitue une trahison flagrante des efforts déployés en Afrique pour mettre en place des organes régionaux de défense des droits humains solides et crédibles, capables de rendre justice et de rendre des comptes", a déclaré Japhet Biegon responsable d'Amnesty pour l'Afrique.