Tchad: désolation dans un quartier de N'Djamena envahi par les eaux

14 octobre 2010 à 10h23 par La rédaction

N'DJAMENA (AFP)

C'est la désolation à Walia, un quartier de N'Djamena, la capitale tchadienne, où les eaux du fleuve Chari ont envahi les rives dans la nuit de lundi à mardi sans faire de victimes mais provoquant l'effondrement d'une centaine d'habitations dont les occupants sont sans abri.

"J'habite depuis six ans dans ce quartier, je n'ai jamais vu un tel phénomène ni une telle quantité d'eau, j'ai l'impression que toutes les 24 heures le niveau d'eau augmente", se lamente Jérôme Nadji, un étudiant qui vit dans ce vaste quartier périphérique du 9e arrondissement de N'Djamena.

"Nous sommes amenés à nous déplacer en pirogue d'un coin à un autre dans le même quartier", rapporte-t-il.

"En pleine nuit (lundi), l'eau a quitté le fleuve et s'est déversée vers les habitations, nous nous sommes réveillés brusquement", raconte Adoum Issa, un fonctionnaire qui, aidé par ses deux frères, remplit des sacs de terre pour construire une digue. "Entre-temps, les trois chambres que j'ai construites en ciment se sont écroulées.Au niveau de mon carré (bloc de maisons), plus de 30 concessions se sont écroulées", poursuit-il.

"Nous nous sommes vus dans l'obligation de faire déplacer les femmes et les enfants plus loin vers une autre localité afin de sauver ce qui peut être sauvé", explique-t-il.

Les inondations qui touchent le Tchad depuis juillet ont affecté 150.000 personnes et 52.600 hectares de terres ensemencées ont été envahis, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) dans ce pays. 19 des 22 régions du pays sont touchées et le choléra a été enregistré dans quatre régions, a indiqué mardi l'Ocha.

Pour le météorologue Jonas Elie, "les fortes précipitations de cette année expliquent cette situation"."Il y a plus d'eau que d'habitude, c'est pourquoi les eaux sont sorties de leur lit habituel", dit-il.

A N'Djamena, le marché est sous les eaux, les hangars sont inondés et les vendeurs se sont réfugiés aux abords de la route nationale.

Dans sa concession dont une bonne partie est dans l'eau, Wata Yvonne se désole: "Nous ne savons où il faut aller, nous n'avons personne pour nous aider". "Avec mes deux soeurs, nous sommes obligées d'utiliser des briques et des sacs de sable pour empêcher l'eau de détruire totalement la seule chambre qu'il nous reste", dit-elle.

Face à l'ampleur des dégâts, la municipalité a fait aménager un espace pour installer les sinistrés."Les niveleuses ont préparé le terrain.(...) Nous allons distribuer des bâches pour qu'ils s'installent en attendant", indique le maire de N'Djaména, Marie Thérèse Mbaïlemdana. Une évaluation des dégâts est en cours, dit-elle en assurant que la mairie "travaille avec le ministère de l'Action sociale et de la solidarité nationale pour assister les sinistrés". "Nous avons déjà offert un millier de sacs aux habitants pour leur permettre de construire des digues", ajoute-t-elle.