Tchad: dissensions autour d'un congrès du parti au pouvoir

Par AFP

AFRICA RADIO

De hauts responsables du parti au pouvoir tchadien ont tenu des propos contradictoires sur l'organisation d'un congrès extraordinaire de la formation les 12 et 13 juin un peu plus d'un mois et demi après la mort de son président-fondateur Idriss Déby Itno, qui a dirigé le pays pendant 30 ans.

Le secrétaire général du Mouvement patriotique du salut (MPS) Mahamat Zen Bada, officiellement à Paris pour des soins médicaux, a annulé lundi matin un congrès extraordinaire sur le thème de "la redynamisation", convoqué vendredi par la numéro deux du parti et première adjointe du secrétaire général, Ruth Padja Madjidian. Cet événement, soutenu par un grand nombre de caciques du parti, est finalement maintenu, a affirmé lundi soir le président du comité d'organisation de ce dixième congrès extraordinaire et porte-parole du MPS, Jean-Bernard Padaré."Le président du comité d'organisation confirme le maintien du congrès. Les camarades des provinces doivent être au plus tard à N'Djamena le 10 juin. Une sérénité totale prévaut au sein du MPS", a assuré M. Padaré à l'AFP.Pourtant, ces décisions contradictoires ont mis en lumière "une guerre de positionnement à l'intérieur du mouvement", selon Evariste Ngarlem Tolde, politologue et enseignant-chercheur à l'université de N'Djamena, qui y voit une manoeuvre du clan Déby pour évincer M. Zen Bada.La famille du feu président Déby "suspecte l'actuel Secrétaire général du MPS d'avoir des ambitions politiques, c'est pourquoi elle cherche à se repositionner en prenant les choses en main", a indiqué à l'AFP M. Ngarlem Tolde.M. Zen Bada est désavoué par beaucoup de ses militants qui lui reprochent "sa gestion personnalisée et peu orthodoxe du parti", a estimé un conseiller de la présidence de la République sous couvert de l'anonymat.Nombre d'entre eux ont écrit au président du Conseil militaire de transition (CMT), Mahamat Idriss Déby, pour le lui signifier, a-t-il également assuré.Mahamat Idriss Déby, qui occupe notamment la fonction de président de la République a succédé à son père Idriss Déby Itno, mort au front en avril après 30 ans à la tête du Tchad en menant lui-même une offensive contre des rebelles arrivés de Libye.Il a immédiatement dissous le gouvernement et le Parlement, abrogé la Constitution, tout en promettant des élections "libres et démocratiques" au terme d'une période de 18 mois renouvelable une fois.