Tchad: les législatives repoussées depuis 2015, à nouveau reportées

9 juin 2020 à 15h53 par AFP

AFRICA RADIO

Les élections législatives au Tchad, sans cesse repoussées depuis 2015, ne pourront se tenir comme prévu en décembre 2020 à cause de l'épidémie de coronavirus, a annoncé mardi la commission électorale sans donner de nouvelle date.

L'actuelle Assemblée nationale, très largement dominée par la majorité du président Idriss Déby Itno, avait été élue en 2011 pour quatre ans. Depuis 2015, ces élections ont été reportées à cinq reprises. "Les élections législatives du 13 décembre 2020 ne pourront avoir lieu", a déclaré à l'AFP le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Kodi Mahamat Bam. "L'épidémie de coronavirus a fait prendre du retard au processus de recensement des électeurs", a-t-il déclaré. Et l'actualisation du fichier électoral "est impossible à faire lors de la saison des pluies (entre juillet et septembre)", selon la Céni. A cette période, les routes sont très difficilement praticables."Je ne peux pas vous dire à quelle date les élections auront finalement lieu", a ajouté M. Bam, précisant qu'il appartenait aux acteurs politiques de la majorité et de l'opposition de décider ensemble d'une nouvelle date.L'élection présidentielle au Tchad doit, elle, se tenir en avril 2021. Le président Idriss Déby Itno, arrivé au pouvoir par les armes en 1990, n'a pas encore annoncé s'il comptait briguer un sixième mandat ou non.Il s'agit du cinquième report des élections législatives depuis 2015, année initialement prévue pour ce scrutin. Pour justifier ces reports, le pouvoir avait jadis invoqué des raisons financières et sécuritaires. Le Tchad doit faire face aux attaques jihadistes dans le sud-ouest du pays, mais également aux combats entre agriculteurs et éleveurs dans l'est. Le nord du pays, frontalier avec la Libye, est une zone de non-droit où cohabitent orpailleurs illégaux, trafiquants et rebelles.En dépit de ressources pétrolières conséquentes, un habitant du Tchad sur deux vit sous le seuil de pauvreté. Les urgences sanitaires sont fréquentes dans ce pays aux infrastructures hospitalières quasi inexistantes, qui doit désormais faire face au coronavirus. Selon un dernier décompte rendu public lundi, le pays comptait officiellement 839 cas de nouveau coronavirus, dont 70 décès.